L'escalade verbale entre les Etats-Unis et l'Iran continue
information fournie par Reuters 22/08/2026 à 05:37

par Menna AlaaElDin et Kanishka Singh

L'escalade verbale entre les Etats-Unis et l'Iran s'est poursuivie vendredi, alors que Washington doit annoncer lundi de nouvelles sanctions américaines économiques et commerciales contre Téhéran.

Alors que la guerre dure depuis presque six mois, les hostilités ont cessé mais les négociations de paix sont au point mort.

Le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, par où transite en temps normal un cinquième du transport maritime mondial d'hydrocarbures, est fortement perturbé depuis l'attaque lancée le 28 février par les Etats-Unis et Israël sur l'Iran, ce qui s'est traduit par une flambée des cours du pétrole.

Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, tiendra lundi une conférence de presse lors de laquelle il devrait dévoiler les "sanctions les plus sévères de l'histoire" contre l'Iran" et appeler la Chine à coopérer avec les Etats-Unis.

D'après des données de Kpler datant de 2025, la Chine achète plus de 80% des exportations iraniennes de pétrole. Pékin a appelé à la diplomatie.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Esmaeil Baghaei a déclaré samedi que l'annonce imminente des Etats-Unis constituait "affirmation de souveraineté extraterritoriale contre un Etat indépendant membre des Nations unies".

"De telles sanctions secondaires n'ont aucun fondement dans le droit international", a-t-il écrit sur le réseau social X.

Le président américain Donald Trump a indiqué vendredi que Washington observait "ce qui se passait" dans le conflit.

"Ils adoreraient conclure un accord, mais, à mon sens, ils ne sont pas prêts à conclure le bon accord", a-t-il déclaré.

LE TRAFIC SUSPENDU À ORMUZ

Alors que les Etats-Unis ont imposé un blocus des ports iraniens, le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz reste bloqué. Seulement quatre navires ont pu traverser la voie navigable jeudi, selon des données.

Le secrétaire américain à l'Energie Chris Wright, a déclaré que l'armée américaine avait contribué à acheminer, en moyenne sur une semaine, 8 millions de barils de pétrole par jour à travers le détroit. Un chiffre en baisse par rapport aux plus de 20 millions de barils par jour enregistrés avant la guerre, soit environ un baril sur cinq consommés dans le monde.

Les attaques américaines ont grandement affaibli l'économie, l'armée de l'air et la marine iranienne, mais Téhéran possède encore assez de missiles et de drones pour entraver le trafic des pétroliers et attaquer ses rivaux dans la région.

Donald Trump, quant à lui, n'a toujours pas atteint les objectifs qu'il s'était fixés au début de la guerre, tels que le démantèlement du programme nucléaire iranien et la création des conditions permettant aux Iraniens de renverser leurs dirigeants.

L'ÉCONOMIE IRANIENNE AFFAIBLIE

Le chef de l'état-major iranien, Ali Abdollahi, a promis vendredi que les réponses militaires de l'Iran aux menaces ennemies seraient "écrasantes, punitives et dévastatrices".

Le président iranien Massoud Pezeshkian a toutefois appelé à une solution diplomatique.

"Il serait mieux de mettre fin à la guerre aujourd'hui, tant que nous sommes puissants et que nous conservons notre dignité, que le monde entier reconnaît notre victoire et souligne que l'Amérique, allant à l'encontre de toutes les règles, a attaqué nos écoles, nos hôpitaux, nos infrastructures et est abhorrée par le monde", a-t-il dit, selon l'agence de presse semi-officielle iranienne ISNA.

Le président du Parlement et négociateur en chef iranien, Mohammed Baqer Qalibaf, a reconnu jeudi que l'économie iranienne avait été affectée par le conflit.

"Peu importe notre puissance militaire, nous ne survivrons pas si la population souffre de la faim et si nous ne disposons pas de financements, d'une croissance économique et d'une production nationale", a-t-il dit, selon l'agence de presse Irna.

(avec Ismail Shakil, rédigé par Daniel Trotta; version française Camille Raynaud)