L'éclaircie perdure en Europe avant les PMI, le pétrole s'essouffle information fournie par Zonebourse 23/09/2026 à 08:34
Les principales Bourses européennes devraient tenter mercredi de poursuivre leur redressement entamé au début de la semaine, alors que la rechute des prix du pétrole consécutive à l'apaisement des tensions géopolitiques commence à produire ses premiers effets sur le moral des investisseurs.
Les contrats à terme sur indices suggèrent une hausse de l'ordre de 0,4% à la fois pour le CAC 40 à Paris, le DAX de Francfort, l'Euro STOXX 50 et le FTSE 100 à Londres.
S'exprimant hier devant l'Assemblée générale de l'ONU, Donald Trump a estimé que les Etats-Unis se trouvaient face à un choix entre "anéantir" l'Iran ou parvenir à s'entendre avec Téhéran, estimant toutefois qu'un accord pourrait être conclu après les élections législatives américaines de novembre.
Les investisseurs ont également suivi avec attention la situation dans le Golfe, où un haut responsable iranien a déclaré à Reuters que l'Iran était disposé à rouvrir le détroit d'Ormuz dans un délai de sept jours, à condition que les Etats-Unis réduisent leur pression militaire et lèvent le blocus visant les ports du pays.
Ces développements sont susceptibles d'apaiser au moins pour un temps les craintes liées à l'envolée des prix de l'énergie à l'échelle mondiale et de reléguer au second plan les inquiétudes concernant leurs répercussions sur les politiques monétaires des grandes banques centrales.
Le Brent abandonne ce matin 0,8% à 98,7 dollars le baril tandis que le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) cède 1,1% à 89,5 dollars.
"Les investisseurs se demandent toutefois si les cours pétroliers peuvent durablement se maintenir sous le seuil des 100 dollars", tempère Andreas Lipkow, le responsable de l'analyse marchés chez CMC Markets à Londres.
D'après les professionnels, un rebond au-dessus du pic de 105,7 dollars atteint lundi ouvrirait la voie à une poursuite du mouvement d'appréciation en direction du seuil des 110 dollars.
Des statistiques à suivre
Les préoccupations liées à la conjoncture économique pourraient également inciter à une certaine prudence : les opérateurs surveilleront avec attention dans la matinée la publication des indices PMI flash auprès des directeurs d'achat dans la zone euro, qui donneront une première indication des tendances d'activité en septembre.
En dépit de l'impact du conflit au Moyen-Orient, l'économie de la zone euro était parvenue à croître de 0,6% au deuxième trimestre, alors que l'indice PMI composite était tombé à 49 points sur la période, c'est-à-dire en zone de contraction.
A l'agenda du jour figurent aussi, entre autres, les résultats de l'enquête mensuelle de S&P auprès des directeurs d'achats du secteur privé américain, ainsi que les chiffres des stocks hebdomadaires de pétrole aux Etats-Unis.
Le soulagement sur les tensions géopolitiques a favorisé un petit regain d'appétit pour le risque qui s'est traduit par une poursuite de la hausse des valeurs technologiques à Wall Street hier.
Porté par le succès de Muse, le nouvel agent d'IA de Meta qui relance le pari sur les puces, le Nasdaq 100 ( 0,8%) en a profité pour signer un nouveau record historique tandis que le Dow Jones (-0,4%) et le S&P 500 (stable) restaient un peu en retrait.
"Le message est clair comme de l'eau de roche", estiment les équipes de Danske Bank. "La surperformance du secteur technologique ne relève pas simplement d'une hausse des multiples de valorisation ou de l'engouement autour de l'IA, mais repose fermement sur la dynamique remarquable des bénéfices et du chiffre d'affaires des fabricants de semi-conducteurs, dont les résultats continuent de dépasser les attentes", juge la banque danoise.
Les contrats à terme sur les principaux indices new-yorkais suggèrent pour l'instant une ouverture en très légère hausse.
Les tensions n'ont pas totalement reflué pour autant. Sur le compartiment obligataire, les rendements des bons du Trésor américain reprennent leur mouvement de hausse observé depuis presque trois mois face à la hausse rapide liée aux anticipations de remontée des taux de la Réserve fédérale : le dix ans revient à 4,9680% avant l'adjudication très attendue de demain.
Les mêmes causes produisant les mêmes effets, l'euro poursuit son repli sous 1,1425 dollar, un plus bas depuis presque deux mois, ce qui conduit certains cambistes à s'interroger sur la possibilité que la monnaie unique enfonce à terme le seuil de 1,10 dollar, ce qu'elle n'avait plus fait depuis le printemps 2025 et le fameux "Liberation Day" de Donald Trump.