L'attentisme limite les variations avant la Fed, nouvelle déferlante de résultats
information fournie par Zonebourse 29/07/2026 à 08:29

Les grandes Bourses européennes sont attendues pratiquement inchangées mercredi matin, les investisseurs évitant visiblement de prendre de nouvelles positions à quelques heures des décisions très attendues de la Réserve fédérale alors qu'ils doivent par ailleurs continuer à analyser une rafale de résultats d'entreprises. Les contrats à terme sur les principaux indices du Vieux Continent signalent pour l'instant une ouverture très proche de la clôture de la veille. A Paris, le CAC 40 se dirige vers un gain de 0,2%, mais le DAX de Francfort et l'Euro STOXX 50 affichent des replis théoriques de l'ordre de 0,2%.

Les actions européennes avaient fini la séance dans le vert mardi, dans un contexte de désescalade au Moyen-Orient où l'arrêt des opérations militaires entre les Etats-Unis et l'Iran a contribué à réduire l'aversion au risque à l'échelle mondiale.

Vague de résultats et suspense monétaire : vers une journée sous haute tension

Porté notamment par un redressement des valeurs les plus exposées à la consommation, le CAC a ainsi réussi à aligner une troisième séance consécutive de hausse grâce à un gain de 0,6% à 8 458,78 points, mais le vert prédominait aussi sur les autres places du Vieux Continent. Londres, Francfort et Amsterdam ayant progressé respectivement de 0,9%, 0,5% et 1,2%.

La séance de mercredi s'annonce une nouvelle fois mouvementée des deux côtés de l'Atlantique, entre salve de résultats financiers, rendez-vous avec politique monétaire et espoirs diplomatiques.

Après plusieurs jours d'accalmie, l'armée américaine a annoncé dans la nuit avoir mené avec l'Arabie saoudite une attaque conjointe contre des milices pro-iraniennes en Irak, mais aussi intercepté des missiles lancés par l'Iran contre plusieurs de ses bases au Moyen-Orient, marquant ainsi un regain de tensions dans la région.

Au-delà des facteurs géopolitiques, les intervenants semblent surtout particulièrement curieux de savoir quel ton emploiera la Fed ce soir à l'issue de ses deux jours de réunion et de connaître les détails de ses perspectives en matière de taux.

Le communiqué de la banque centrale américaine est attendu à 20h00 (heure de Paris) et la conférence de presse de son président, Kevin Warsh, une demi-heure plus tard.

Un nombre croissant d'analystes estiment que l'institution d'émission pourrait décider d'augmenter ses taux afin de renforcer la crédibilité de son nouveau patron dans la lutte contre l'inflation, après plusieurs déclarations répétées allant dans le sens du rétablissement de la stabilité des prix.

"Le rapport sur l'emploi de juin, moins bon que prévu, et la décélération inattendue de l'inflation ont permis à la Fed de gagner du temps", rappelle Bastien Drut, responsable de la stratégie et de l'analyse chez CPRAM.

"Toutefois, la forte remontée du prix du pétrole sur les derniers jours devrait déboucher sur un "family fight" (expression utilisée par Kevin Warsh à de nombreuses reprises) particulièrement tendu", prévient le stratège.

L'attention des investisseurs se portera sur l'identification de signes permettant de déterminer si des hausses sont à envisager d'ici à la fin de l'année, sachant que l'inflation reste actuellement bien supérieure à l'objectif des 2%.

Si l'outil FedWatch du CME Group ne suggère qu'une probabilité de 38% d'un relèvement de taux ce soir, celle d'un resserrement au mois de septembre est aujourd'hui évaluée autour de 85%.

La technologie se trouvera également de nouveau sous les projecteurs ce soir, alors que les investisseurs attendent la publication des résultats de Microsoft et de Meta après la clôture de Wall Street.

En attendant, l'Europe devrait faire preuve de prudence et décortiquer une série de résultats d'entreprises, dont ceux d'Airbus, BASF, Danone, Eni, Hermès, L'Oréal, Porsche, Telecom Italia, UBS ou encore Vinci.

Accalmie sur l'obligataire, mais le pétrole rebondit

Le récent reflux des prix du pétrole, qui avait poussé les taux souverains vers de nouveaux sommets, se traduit par un mouvement de détente général sur l'obligataire : le taux allemand à dix ans se tasse vers 3,10% après avoir récemment atteint son plus haut niveau depuis 2011 tandis que l'OAT française revient sous la barre symbolique des 4%, un seuil qu'elle n'avait plus atteint depuis 2009.

Le dix ans américain suit la même tendance et recule à 4,6040% après avoir subi hier sa plus forte baisse quotidienne en plus d'un mois.

L'euro se reprend face au dollar, le billet vert étant fragilisé par l'attentisme des investisseurs avant les annonces de politique monétaire de la Réserve fédérale. La monnaie unique, qui menaçait hier d'enfoncer son plus bas niveau du mois de juillet enregistré à 1,1362 dollar, remonte ce matin au-delà du seuil de 1,14.

Les cours du brut retrouvent un peu d'allant après avoir aligné trois séances consécutives de forte baisse. Le Brent rebondit de 3,7% à près de 87,3 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) reprend lui aussi 3,7% à 82,2 dollars.