L'ANSM mise en examen pour "tromperie" dans l'affaire du Levothyrox
information fournie par Reuters 06/12/2022 à 18:52

PARIS, 6 décembre (Reuters) - L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a annoncé sa mise en examen pour "tromperie" dans le dossier de la nouvelle formule du Levothyrox, médicament contre les troubles de la thyroïde du laboratoire allemand Merck KGaA MRCG.DE , tout en contestant "fermement" les accusations.

"L'ANSM n’a jamais nié les difficultés rencontrées par certains patients au moment du passage à la nouvelle formule du Levothyrox et se préoccupe de manière constante et quotidienne de la sécurité et de la santé des patients", a déclaré l'agence dans un communiqué lundi.

L'Association française des malades de la thyroïde a salué mardi ce développement, tout en se disant déçue que les charges n'aient pas été plus lourdes.

En mars dernier, la Cour de cassation a confirmé la responsabilité civile du laboratoire pour “défaut d’information” au sujet du changement de formule du Levothyrox en 2017 et l’a condamné à verser 1.000 euros de dommages et intérêts à plus de 3.000 plaignants.

Selon les plaignants, la décision de Merck de retirer le lactose du médicament pour le rendre plus facile à tolérer a entraîné de nombreux effets indésirables tels que des pertes de mémoire, des prises de poids ou des palpitations.

Par ailleurs, Merck a été mis en examen en octobre dans ce dossier pour "tromperie aggravée" après que le président de sa branche française a été entendu par le pôle santé du Tribunal judiciaire de Marseille.

Le laboratoire a déclaré à ce propos que l'enquête menée à son encontre ne concernait en aucun cas la nouvelle formule du Levothyrox, mais la manière dont elle avait fourni ses informations lors du changement de formule.

(Rédigé par Richard Lough ; version française Dagmarah Mackos, édité par Kate Entringer)