PARIS, 13 février (Reuters) - Cette année s'annonce
particulièrement incertaine pour l'industrie automobile
européenne, confrontée à une stagnation de ses ventes ainsi
qu'aux risques du Brexit, des tarifs douaniers américains et du
prochain tour de vis sur le CO2, a déclaré mercredi Carlos
Tavares, qui assure cette année la présidence tournante de
l'Acea (Association des constructeurs européens d'automobiles).
"Nous pensons que 2019 sera très volatile, peut-être stable
dans l'ensemble, mais avec des variations significatives selon
les stratégies des différents constructeurs, et je pense qu'il
va y avoir une grande diversité de stratégies", a dit le
président du directoire de PSA.
Les constructeurs devront en effet adapter leurs productions
dès le second semestre de cette année pour que leurs
immatriculations de 2020 se conforment au nouveau plafond
européen de 95 grammes fixé pour les émissions de CO2, contre
130 grammes actuellement.
Pour atteindre ces objectifs, les constructeurs doivent
électrifier à marche forcée leur gamme car le diesel, moins
émetteur de CO2 que l'essence, est tombé en disgrâce depuis
l'affaire Volkswagen VOWG_p.DE .
Or les voitures rechargeables - hybride essence-électrique
ou électrique pur - n'ont représenté l'an dernier que 2% du
marché neuf, un niveau très bas que l'Acea attribue à la fois à
la faiblesse de l'offre, mais aussi à un déploiement insuffisant
des infrastructures de recharge par les pouvoirs publics.
En 2019, l'Acea s'attend à ce que les ventes de voitures
neuves dans l'Union européenne stagnent autour des 15 millions
de 2018, interrompant ainsi une série de cinq années
consécutives de croissance.
(Gilles Guillaume, édité par Jean-Michel Bélot)