L'Allemagne entame la privatisation de l'énergéticien Uniper, après l'avoir nationalisé en 2022
information fournie par AFP 19/05/2026 à 10:47

Le logo du géant allemand de l'énergie Uniper, au siège du groupe à Düsseldorf, en Allemagne ( AFP / Ina FASSBENDER )

L'Allemagne a lancé le processus de cession de sa participation dans la multinationale énergétique Uniper, qu'elle avait sauvée en 2022 de la crise liée à la guerre en Ukraine à coup de milliards d'euros, a indiqué mardi le ministère des Finances à l'AFP.

Selon une porte-parole, le gouvernement souhaite ramener sa participation dans l'entreprise de 99% à 25% plus une action, afin de conserver "la minorité de blocage nécessaire", confirmant les informations révélées plus tôt par le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung.

L'Etat a publié mardi matin dans l'édition imprimée du Financial Times un avis de vente "visant à déterminer l'intérêt des acquéreurs potentiels", qui "ne préjuge ni de la réalisation ni du calendrier d'une éventuelle transaction", d'après la même source.

Après l'invasion russe de l'Ukraine début 2022, Uniper, l'un des premiers négociants de gaz en Allemagne, avait été frappé de plein fouet par la la réduction puis la fin totale des livraisons de gaz russe via le gazoduc Nord Stream.

Réalisant alors des pertes abyssales, le groupe de Düsseldorf (ouest) avait été sauvé par le gouvernement allemand qui l'avait nationalisé et avait injecté 13,5 milliards d'euros de capitaux.

Ces aides avaient été approuvées par la Commission européenne sous de nombreuses conditions, dont celle pour l'Etat allemand de réduire sa participation dans Uniper à un maximum de 25% plus une action d'ici 2028 au plus tard.

Cela permet à l'Allemagne de conserver une participation pour encore peser sur les décisions stratégiques importantes en matière de politique énergétique et d'approvisionnement en gaz.

La capitalisation boursière d'Uniper s'élève actuellement à environ 18 milliards d'euros d'après la Süddeutsche Zeitung, un chiffre "à considérer avec prudence" au vu du très faible nombre de titres échangés.