L'aide "aux gros rouleurs" reconduite et élargie information fournie par Reuters 22/09/2026 à 18:36
Le gouvernement français a annoncé mardi un élargissement de l'aide aux automobilistes les plus dépendants de leur véhicule, dans le cadre d'un nouveau train de mesures destiné à amortir l'impact de la flambée des prix des carburants provoquée par les perturbations de l'approvisionnement mondial en pétrole.
"L'essence est à son prix le plus haut depuis le début du conflit" et "a désormais dépassé son précédent pic", a constaté en préambule le ministre de l'Économie Roland Lescure, en présentant une réponse gouvernementale "amplifiée" et "élargie" d'un montant estimé à 450 millions d'euros.
L'aide de 100 euros destinée aux "grands rouleurs" sera renouvelée et étendue à 5,5 millions de Français, contre trois millions lors du précédent dispositif, pour les mois d'octobre, novembre et décembre, a annoncé la porte-parole du gouvernement Maud Brégeon.
"Pour ces bénéficiaires, cette aide représentera l'équivalent de 0,40 euro par litre de carburant" et concernera désormais des revenus allant jusqu'à 2.035 euros nets par mois pour une personne seule, a-t-elle précisé, et jusqu'à 6.104 euros pour un couple avec enfants.
"La crise dure. Une usure réelle se fait sentir", a ajouté Maud Brégeon, jugeant que l'impact croissant sur le pouvoir d'achat "justifie cet élargissement et ce renouvellement" de l'aide.
Le gouvernement maintiendra par ailleurs le chèque énergie dans son projet de budget pour 2027 et en avancera le versement à janvier, contre avril habituellement.
Le ministre de l'Action et des comptes publics, David Amiel, a rejeté les accusations selon lesquelles l'État bénéficierait d'une hausse de ses recettes avec l'augmentation des prix à la pompe.
"Il n'y a pas eu, il n'y a pas et il n'y aura pas de cagnotte", a-t-il dit, évoquant une perte de recettes fiscales de 407 millions d'euros liée aux carburants.
Le gouvernement proposera dans le budget 2027 un mécanisme prévoyant que tout éventuel surplus de recettes lié à la fiscalité des carburants soit "immédiatement restitué aux Français sous la forme d'aides supplémentaires".
Cette règle, a-t-il dit, s'inscrit dans une stratégie d'aides "temporaires, ciblées et financées" afin d'éviter de "promettre d'une main pour aller ensuite reprendre de l'autre".
Ces annonces interviennent après que le président Emmanuel Macron s'est tourné vendredi vers la Commission européenne afin qu'elle prenne des mesures visant à améliorer l'offre en carburants.
(Rédaction de Paris)