L'accord entre Pékin et l'UE limite les importations de véhicules hybrides chinois à 350.000 par an
information fournie par Reuters 12/10/2026 à 11:42

L'accord conclu entre la Chine et l'Union européenne (UE) visant à limiter les exportations de véhicules hybrides vers le bloc, porte un coup aux constructeurs chinois de voitures électriques.

Un responsable de la Commission européenne a précisé lundi que les importations de véhicules hybrides dans le bloc seraient limitées à 350.000 unités par an, avec une hausse annuelle prévue de 6%.

Au vu du ralentissement des ventes sur le marché intérieur et profitant du fait que les véhicules hybrides étaient exempts des tarifs douaniers supplémentaires imposés par l'UE sur les voitures électriques fabriquées en Chine en 2024, les constructeurs chinois ont fortement augmenté leurs livraisons d'hybrides vers le Vieux Continent ces derniers temps.

Selon les données des douanes chinoises, les exportations de véhicules hybrides vers l'UE ont triplé au premier semestre de cette année, passant de 2,5 milliards de dollars (2,23 milliards d'euros) en valeur l'année précédente à 7,5 milliards de dollars. Ce chiffre est près de neuf fois supérieur aux 845 millions de dollars exportés sur l'ensemble de l’année 2021.

SAIC 600104.SS , BYD 1211.HK et Chery 9973.HK ont représenté plus de 90% du volume des ventes dans l'UE, les hybrides représentant plus de la moitié de leurs ventes européennes, selon Jefferies.

APAISEMENT DES TENSIONS COMMERCIALES

Lors de l'annonce de l'accord, vendredi, sur la limitation des importations de voitures hybrides dans l'Union européenne, le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, avait qu'il permettrait de réduire ces importations de "plusieurs millions de voitures sur quatre ans".

Ce dernier s'est rendu deux jours en Chine la semaine dernière pour tenter de trouver des moyens de réduire le déficit commercial de l'UE - qui s'élève à plus d'un milliard d'euros - avec Pékin.

L'accord trouvé entre l'UE et la Chine sur les hybrides "préserve fermement les intérêts concrets des entreprises chinoises, évite l'escalade des frictions commerciales entre la Chine et l'UE, et offre aux deux parties un environnement commercial et d'investissement stable, prévisible et durable", a déclaré le ministère du Commerce chinois.

Il a précisé que cela permettrait de poursuivre la croissance des exportations et garantirait au pays un quota au moins égal à celui accordé à toute autre source d’importations.

Les investisseurs ont largement perçu cet accord comme un apaisement des tensions commerciales et comme un signe que les droits de douane sur les véhicules hybrides pourraient être écartés pour l'instant.

L'action BYD a reculé de 1,8%, tandis que celles de Chery et de SAIC ont progressé respectivement de 0,25% et 0,4%.

Les titres des constructeurs européens réagissent favorablement à l'annonce de l'accord, avec Renault RENA.PA progressant de 2,45%, Stellantis STLAM.MI de 2,1% et Volkswagen VOWG.DE de 0,44%.

Selon des analystes, l'accord conclu entre l'UE et la Chine devrait accélérer la décision des constructeurs automobiles chinois d'augmenter leur production en Europe.

"Si l'accès via les importations devient plus restreint, investir à proximité du client devient plus attractif. Mais la localisation nécessite des capitaux (...) les petits acteurs pourraient reconsidérer leurs ambitions européennes", a déclaré Bill Russo, fondateur du cabinet de conseil Automobility, basé à Shanghai.

(Rédigé par Zoey Zhang, Ju-min Park, Lewis Jackson, Qiaoyi Li, Liz Lee et la rédaction de Pékin, et Farah Master à Hong Kong; Version française Rihab Latrache, édité par Benoit Van Overstraeten)