(Actualisé avec détails)
TOKYO, 22 novembre (Reuters) - La société américaine de
capital-investissement KKR KKR.N a annoncé mardi son intention
de racheter l'équipementier automobile japonais Calsonic Kansei
7248.T , dont Nissan 7201.T possède 41%, pour 498,3 milliards
de yens (4,23 milliards d'euros), une opération rare sur le
marché japonais.
KKR a remporté la mise face à ses concurrents Bain Capital
et MBK Partners qui, selon Thomson Reuters LPC, avaient fait une
offre sur la seule participation de Nissan après l'annonce en
juin par ce dernier de son intention de céder ses parts de
Calsonic Kansei.
Le groupe de capital-investissement profite ainsi de l'une
des rares occasions de faire une affaire se comptant en
milliards au Japon, où les grandes entreprises sont encore
réticentes à céder leurs filiales dans le cadre de
restructurations à grande échelle.
Mais, comme d'autres constructeurs automobiles, Nissan a
besoin d'argent frais pour financer son développement dans les
nouvelles technologies, aussi bien la prochaine génération de
voitures électriques que les véhicules autonomes.
Le numéro deux mondial du secteur au Japon, partenaire
principal de Renault RENA.PA , vient en outre de boucler la
prise de contrôle de Mitsubishi Motors 7211.T pour 237
milliards de yens.
KKR offrira 1.860 yens par action ordinaire Calsonic Kansei,
soit une prime de 28,2% par rapport au cours de clôture de
mardi, qui, à 1.450 yens, représente un record après une hausse
de 9,68% sur la séance.
Le quotidien économique Nikkei avait fait état du projet
d'offre de KKR dans ses colonnes avant qu'elle ne soit
officialisée et l'équipementier avait lui-même déclaré avant
l'annonce de KKR que son conseil d'administration allait évoquer
la proposition du groupe américain.
Le titre Nissan a fini sur un repli de 1,39% à 1.025 yens.
Calsonic Kansei, notamment spécialisé dans les intérieurs de
véhicules, l'électronique, la climatisation et les compresseurs,
tire 80% de ses ventes mondiales de ses contrats avec Nissan.
Selon des sources, les fonds d'investissement qui n'avaient
pas fait d'offre s'étaient montrés inquiets de la trop grande
dépendance de ce dernier à Nissan et du faible potentiel de
croissance de ses métiers.
Prenant acte de la volonté des constructeurs japonais de
défaire les liens avec leurs fournisseurs, Calsonic Kansei s'est
efforcé d'élargir sa base de clientèle, en concluant entre
autres des contrats avec Renault et Isuzu 7202.T .
Des sources avaient dit début novembre à Reuters que KKR
avait un temps été intéressé par Takata 7312.T ,
l'équipementier japonais dont les airbags défectueux sont à
l'origine du plan grand rappel de véhicules de l'histoire de
l'industrie automobile.
(Junko Fujita et Taiga Uranaka, Benoit Van Overstraeten pour le
service français, édité par Marc Angrand)