Kering-Nouvelle baisse des ventes de Gucci, la guerre en Iran pèse sur le redressement
information fournie par Reuters 14/04/2026 à 18:31

Le logo de Gucci à Cannes

par Tassilo Hummel

Les ventes de Gucci, navire amiral ‌du géant français du luxe Kering, ont affiché mardi une nouvelle baisse de 8% sur un an au premier ​trimestre, dans ce que le groupe valorisé à 33 milliards d'euros a cependant qualifié de "première étape significative" de son redressement.

Le chiffre d'affaires de la maison de mode italienne pour la période de janvier à mars est ressorti à 1,35 milliard ​d'euros, légèrement en-deçà des attentes et marquant un onzième trimestre consécutif à la baisse. Les analystes tablaient sur des ventes de 1,37 milliard d'euros dans un ​consensus Visible Alpha.

La publication des résultats de Kering intervient ⁠à la veille du dévoilement du plan stratégique de son nouveau directeur général, Luca de Meo, et illustre ‌les défis auxquels sont confrontés Gucci et son principal actionnaire, la famille Pinault.

Bien que les investisseurs fondent leurs espoirs sur la capacité de Luca de Meo à trouver la recette d'un ​regain de succès dans un marché instable ‌et face à des tendances en constante évolution, la plupart des analystes s'attendent à ⁠ce que Gucci ne renoue avec la croissance qu'à l'automne.

L'action a perdu environ 8% de sa valeur cette année.

LA GUERRE EN IRAN ENTRAVE LE REGAIN DU LUXE

Le début de redressement de Kering a été compliqué par l'éclatement du conflit ⁠armé entre les États-Unis et ‌l'Iran et un moral des ménages fragile.

La directrice financière Armelle Poulou a précisé que la guerre ⁠au Moyen-Orient avait pesé pour 1% sur la croissance du groupe, avec un impact similaire chez Gucci, des propos ‌qui font échos à ceux formulés par son principal concurrent LVMH.

Le groupe dirigé par Bernard Arnault ⁠a déclaré lundi subir les répercussions du conflit au Moyen-Orient, les ventes dans le ⁠Golfe persique ayant chuté alors ‌que les clients fortunés se détournent des centres commerciaux et des voyages dépensiers en Europe.

Les ventes de Kering, qui détient ​également des marques telles que Balenciaga, Bottega Veneta et Yves ‌Saint Laurent, sont restées stables sur un an à taux de change constants, au-dessus des attentes des analystes, qui tablaient sur -5,8%, portés par ​la joaillerie et la lunetterie.

La marque a enregistré une légère amélioration sur son marché clé, la Chine, même si les résultats y sont restés négatifs, tandis que la tendance aux États-Unis s'est nettement améliorée, a détaillé Armelle ⁠Poulou sans donner plus de détails.

Luca de Meo, qui a pris les rênes du groupe en septembre dernier, s'est empressé de consolider le bilan de Kering en cédant des actifs, notamment sa division beauté vendue au géant des cosmétiques L'Oréal en octobre.

Les investisseurs cherchent désormais à déceler les signes concrets d'un redressement de Gucci, Luca de Meo ayant qualifié en février la baisse de 10% du chiffre d'affaires de Kering de dynamique "précoce, fragile, mais réelle".

(Tassilo Hummel, version française Augustin ​Turpin, édité par Benoit Van Overstraeten)