* Croissance organique de 3,1% pour Gucci, BV chute de 8%
* Saint Laurent grimpe de 25%, Puma avance de 8%
* Au total, Kering signe une croissance organique de 4%
par Pascale Denis
PARIS, 21 avril (Reuters) - Kering PRTP.PA a fait moins
bien qu'attendu au premier trimestre, avec un ralentissement de
Gucci et une chute de Bottega Veneta, sa marque la plus
rentable, dans un environnement devenu difficile pour le luxe.
Très surveillé, Gucci, principal centre de profits de
Kering, a vu sa croissance organique décélérer à 3,1% au premier
trimestre (après +4,8% au quatrième trimestre 2015), alors que
les analystes attendaient un chiffre compris entre 5% et 6%.
La marque reprise en main début 2015 par l'ancien dirigeant
de Bottega Veneta Marco Bizzarri déploie progressivement ses
nouvelles collections, qui ont représenté environ 50% de ses
ventes et devraient atteindre 100% à la fin 2016.
Après le succès de son prêt-à-porter et de ses chaussures,
Gucci doit maintenant transformer l'essai avec la maroquinerie,
son coeur de métier.
"Ces chiffres montrent que l'amélioration sera progressive
et que Rome ne s'est pas faite en un jour", souligne Luca Solca,
analyste d'Exane BNP Paribas.
Chez Bottega Veneta, les tendances se sont fortement
détériorées. Tombée dans le rouge à la fin 2015, "BV" a vu ses
ventes dégringoler de 8,3%. Elle souffre d'une forte exposition
à Hong Kong et Macao (15% des ventes), où le secteur du luxe
poursuit sa chute.
La griffe, qui pâtit d'un manque de renouvellement après
avoir connu un immense succès ces dernières années grâce à un
produit unique (son sac en cuir tressé), accélère aujourd'hui sa
diversification dans le prêt-à-porter et les chaussures.
Fait marquant de ce début d'année, Gucci comme Bottega
Veneta ont progressé en Chine même. Les attentats de Paris et
Bruxelles ont fait fuir les touristes étrangers d'Europe et la
clientèle chinoise, qui compte pour un tiers du marché mondial
du luxe, commence à davantage acheter en Chine à la faveur d'un
resserrement des écarts de prix avec l'Europe.
Le marché intérieur chinois profite aussi des nouvelles
taxes et des procédures de contrôle visant à limiter le marché
parallèle des "daigous", revendeurs d'authentiques produits
achetés à l'étranger.
Ailleurs, le marché américain reste difficile, pour cause de
hausse du dollar, tandis que les achats touristiques au Japon
ont nettement ralenti avec la reprise du yen.
La pépite Saint Laurent a poursuivi quant à elle sa
brillante trajectoire (+26,5%), pendant que Balenciaga et
Boucheron ont souffert de leur exposition au marché français,
déserté par les touristes étrangers après les attentats de
Paris.
Au total, le pôle luxe de Kering voit sa croissance
organique reculer à 2,6%, un chiffre proche des 3% enregistrés
par LVMH LVMH.PA , qui a lui aussi marqué le pas,
comme Prada 1913.HK , Richemont CFR.VX et Burberry BRBY.L .
Grâce à une dynamique restée solide chez l'équipementier
sportif Puma PUMG.DE (+8,1%), Kering parvient à signer une
croissance organique de 4% sur le trimestre, après +8% à la fin
2015.
Ses ventes sont ressorties à 2,72 milliards d'euros (+2,7%),
un chiffre inférieur aux 2,77 milliards du consensus Reuters.
Le communiqué:
http://bit.ly/26gSdQq
Voir aussi :
* Luxe-Chute inédite des achats des touristes chinois en
mars
* Le marché du luxe devrait toucher un point bas en 2016
(Edité par Dominique Rodriguez)