Kagame et Tshisekedi à Washington pour ratifier l'accord de paix RDC-Rwanda information fournie par Reuters 04/12/2025 à 14:10
par Trevor Hunnicutt
Le président américain Donald Trump réunit jeudi à Washington les dirigeants de la République démocratique du Congo (RDC) et du Rwanda pour ratifier une série d'accords, dont l'accord de paix de juin qui n'a toujours pas mis un terme aux hostilités dans l'est de la RDC.
Le président rwandais Paul Kagame et le président de la RDC Félix Tshisekedi devraient ainsi s'engager à respecter l'accord scellé sous l'égide des Etats-Unis, ainsi qu'un accord d'intégration économique conclu le mois dernier.
Les analystes estiment que la diplomatie américaine a permis de freiner l'escalade des combats dans l'est de la République démocratique du Congo, mais n'a pas réussi à résoudre le coeur du conflit et à faire taire les armes.
Le groupe rebelle M23, soutenu par Kigali, s'est emparé des deux plus grandes villes de l'est du Congo, Goma et Bukavu, au début de l'année lors d'une offensive fulgurante qui a fait craindre une guerre plus étendue.
L'administration Trump a évoqué la possibilité de faciliter des milliards de dollars d'investissements occidentaux dans une région riche en tantale, étain, tungstène, or, cobalt, cuivre, lithium et autres minerais. Washington ne ménage pas ses efforts pour sécuriser son accès aux minerais stratégiques contrôlés par son rival, la Chine.
Aux termes de l'accord de paix soutenu par Donald Trump, la RDC doit neutraliser le groupe armé opposé au M23, les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), et le Rwanda devra retirer ses troupes de la RDC.
"Nous espérons qu'après la signature, nous verrons une amélioration sur le terrain", a déclaré le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, lors d'une interview accordée à Reuters mercredi.
L'accord ne devrait toutefois pas entraîner de changement immédiat du point de vue humanitaire.
COMBATS DANS LE SUD-KIVU
Mardi, l'armée congolaise et les rebelles du M23 se sont mutuellement accusés de violer les accords de cessez-le-feu existants, renouvelés le mois dernier.
Lors d'une conférence de presse à Washington mercredi, le responsable congolais Patrick Muyaya a blâmé le M23 pour les récents combats dans le Sud-Kivu et a déclaré qu'il s'agissait d'une "preuve que le Rwanda ne veut pas la paix".
Le M23 ne devrait pas participer à la réunion de Washington. Il n'est pas non plus lié par les termes d'un accord entre la RDC et le Rwanda.
Le Rwanda nie soutenir le M23. Kigali a déclaré que ses propres forces ont agi en légitime défense contre les miliciens hutus liés au génocide rwandais de 1994. Un groupe d'experts des Nations unies a déclaré dans un rapport publié en juillet que le Rwanda exerçait un commandement et un contrôle sur les rebelles.
Le M23 affirme qu'il se bat pour protéger les communautés d'origine tutsie dans l'est du Congo. Les avancées du groupe rebelle constituent le dernier épisode en date d'une rivalité ethnique dans les zones frontalières de l'est du Congo avec le Rwanda, source de conflit depuis trois décennies.
L'accord doit être ratifié à l'Institut américain de la paix, une organisation gouvernementale à but non lucratif dont l'administration Trump a tenté de prendre le contrôle au début de l'année en le rebaptisant "Institut Donald Trump pour la paix".
Avant la réunion de ce jeudi, le nom du président américain a été ajouté à un panneau à l'extérieur de l'institut. L'administration a licencié le personnel et installé sa propre direction avant qu'un juge fédéral ne déclare ces actions illégales, qualifiant cette initiative d'"usurpation flagrante du pouvoir".
"Désormais, l'Institut Donald J. Trump pour la paix, qui porte le nom magnifique et approprié d'un président qui a mis fin à huit guerres en moins d'un an, restera un puissant rappel de ce qu'un leadership fort peut accomplir pour la stabilité mondiale. Félicitations, au monde entier !", a déclaré Anna Kelly, porte-parole adjointe de la Maison blanche.
(Rédigé par Trevor Hunnicutt et Nandita Bose, avec la contribution de Simon Lewis et David Brunnstrom ; version française Coralie Lamarque ; édité par Sophie Louet)