John Kerry prône une "décennie d'action" face au changement climatique information fournie par Reuters 09/03/2021 à 18:00
par Kate Abnett
BRUXELLES, 9 mars (Reuters) - Le sommet de l'Onu sur le climat qui se tiendra cette année à Glasgow, en Ecosse, doit marquer le lancement d'une décennie d'action pour répondre à la crise environnementale, a déclaré mardi l'émissaire américain pour le climat, John Kerry, lors d'une visite au siège de l'Union européenne à Bruxelles.
Le déplacement de l'ancien secrétaire d'Etat américain constitue un nouveau départ dans les relations transatlantiques, après quatre années orageuses avec l'ancien président américain Donald Trump, John Kerry et le commissaire européen au climat Frans Timmermans espérant pouvoir redéfinir les efforts mondiaux pour lutter contre le changement climatique.
"C'est le moment. Glasgow est la dernière et la meilleure opportunité que nous avons et le meilleur espoir que le monde va se rassembler et continuer le travail entamé à Paris", a dit John Kerry en référence à l'accord de 2015 sur le climat.
"Les scientifiques nous disent que cette décennie, de 2020 à 2030, doit être celle de l'action", a-t-il ajouté.
Si près de 200 pays ont signé l'accord de Paris sur le climat, la plupart des principaux émetteurs de gaz à effet de serre ne respectent pas ce cadre.
John Kerry et Frans Timmermans devaient s'entretenir mardi de la manière dont les Etats-Unis et l'UE pouvaient convaincre d'autres grands pollueurs de prendre des engagements environnementaux plus stricts. A cette fin, le sommet de Glasgow en novembre constitue une date butoir.
Les huit mois qui restent jusqu'au sommet sont "absolument essentiels pour nous tous", a insisté John Kerry.
Pékin a annoncé la semaine dernière un plan énergétique sur cinq ans qui devrait selon des analystes entraîner une hausse des émissions chinoises de gaz à effet de serre. L'Inde, le Japon, la Russie et le Brésil font face à des pressions pour s'engager à une réduction plus importante de leurs émissions.
L'UE a revu à la hausse son objectif de réduction en fin d'année dernière, les Vingt-Sept étant convenus en décembre de réduire les émissions de gaz à effet de serre du bloc d'au moins 55% d'ici 2030 par rapport aux niveaux de 1990, contre un précédent objectif de 40%.
Washington devrait à son tour annoncer ce mois-ci un objectif climatique plus ambitieux. Des représentants de l'UE et des groupes environnementaux attendent de l'administration de Joe Biden une promesse de réduire les émissions d'au moins 50% au cours de cette décennie par rapport aux niveaux de 2005.
Un diplomate européen a déclaré que si "l'objectif (américain) ne commence pas par le chiffre 5, nous ne le considérerons pas assez bon".
(avec Valerie Volcovici; version française Jean Terzian, édité par Jean-Stéphane Brosse)