Jeux Playstation trop chers: un procès à 2 milliards de livres s'ouvre à Londres
information fournie par AFP 10/03/2026 à 15:22

Un procès à près de deux milliards de livres (2,31 milliards d'euros) s'est ouvert à Londres contre le géant japonais Sony, accusé d'avoir abusé de sa position dominante pendant près de dix ans pour surfacturer les joueurs britanniques de Playstation dans l'achat de jeux en ligne ( AFP / Idrees MOHAMMED )

Un procès à près de deux milliards de livres (2,31 milliards d'euros) s'est ouvert à Londres mardi contre le géant japonais Sony, accusé d'avoir abusé de sa position dominante pendant près de dix ans pour surfacturer les joueurs britanniques de Playstation dans l'achat de jeux en ligne.

"Une fois que quelqu'un a acheté une Playstation, il n'a pas d'autre choix, pour acheter un jeu numérique, que de le faire auprès de Sony. Et Sony a abusé de cette position en faisant payer aux consommateurs des prix trop élevés", résume auprès de l'AFP la spécialiste des droits des consommateurs Alex Neill, qui a lancé l'action.

Le "Playstation Store" est la boutique numérique officielle sur laquelle les joueurs peuvent acheter les classiques de Sony, de Gran Turismo à God of War, mais aussi les productions d'autres studios comme Call of Duty, GTA ou Assassin's Creed.

"Sony a mis en oeuvre une stratégie visant à exclure toute concurrence réelle et potentielle des marchés de distribution numérique", a affirmé l'un des avocats des plaignants, Robert Palmer, à l'ouverture du procès.

Les plaignants ont souligné mardi que le jeu Assassin's Creed Shadows pour PS5 y est en vente à presque 70 livres, le double du prix du jeu physique chez le détaillant technologique britannique Curry's.

"Ce n'est pas logique quand on compare cela au marché des livres, où le livre papier est toujours plus cher que le livre numérique", affirme Mme Neill.

Les demandeurs dénoncent notamment une commission de 30% sur les achats, qui pèse aussi sur le contenu additionnel dans les jeux, et disent avoir constaté des commissions plus faibles sur d'autres plateformes en ligne, notamment pour PC.

La plainte est déposée au nom de quelque 12,2 millions de personnes - ce type de procédure inclut par défaut tous les clients potentiellement concernés, sauf s'ils en sortent volontairement.

Mais pour Sony, si l'on prend le système dans son ensemble, c'est à dire le prix de la console et des jeux, "il ressort clairement que la rentabilité du système PlayStation est loin d'être excessive", selon son argumentaire juridique transmis à l'AFP.

"Ses contenus numériques sont proposés à des niveaux similaires à ceux pratiqués sur d'autres plateformes et (...) à des prix comparables à ceux des disques. Si ce n'était pas le cas, les consommateurs et les éditeurs iraient tout simplement voir ailleurs", ajoute l'entreprise.

Les plaignants pointent que "d'autres affaires sont en cours" contre Sony dans le monde. Natasha Pearman, l'une de leurs avocates, cite le Portugal, les Pays-Bas ou l'Australie. "C'est donc, en substance, une stratégie mondiale qui a été adoptée" par le géant technologique, affirme-t-elle à l'AFP.

Dans une affaire similaire à Londres, le géant américain Apple a perdu en octobre un procès en raison là aussi de commissions jugées trop élevées sur son magasin d'applications, qui pourrait le conduire à devoir rembourser des millions d'utilisateurs - le groupe avait dit vouloir faire appel.