Jean-Dominique Senard quittera la présidence de Renault en 2027 (source proche)
information fournie par Boursorama avec AFP 02/04/2026 à 08:07

Jean-Dominique Senard à Paris, le 5 décembre 2025. ( AFP / IAN LANGSDON )

Le président de Renault Jean-Dominique Senard, 73 ans, dont le mandat s'achèvera en 2027, ne demandera pas de troisième mandat et quittera ses fonctions l'an prochain après huit ans à la tête du groupe, a indiqué mercredi une source proche du dossier, confirmant des informations de presse.

Interrogé, le groupe s'est limité à indiquer que le mandat de M. Senard prendrait fin lors de l'assemblée générale du printemps 2027. Même si la limite d'âge pour un début de mandat est de 72 ans, l'AG aurait pu le prolonger, a précisé le groupe au journal La Tribune.

Début 2019, Jean-Dominique Senard, alors patron de Michelin, avait été appelé à la rescousse par l'Etat pour reprendre un main un groupe traumatisé par l'affaire Carlos Ghosn. Ce dernier venait de démissionner après son arrestation à Tokyo par les autorités japonaises fin 2018 pour malversations (sa fuite rocambolesque au Liban aura lieu fin 2019).

Après le rude Carlos Ghosn, le sens de la diplomatie de Jean-Dominique Senard avaient fait l'effet d'un baume chez Renault. Le tout-puissant Carlos Ghosn était PDG, Jean-Dominique Senard sera président, associé à un directeur général, Thierry Bolloré, puis Luca de Meo, et François Provost depuis juillet 2025.

En difficulté, sa situation aggravée par la crise sanitaire, en mai 2020, Renault annonce un plan d'économies, avec la suppression de 15.000 emplois dans le monde, dont 4.600 en France, et le départ de Chine de la marque Renault.

Puis les ventes et les résultats rebondissent et Renault renoue avec l'innovation, notamment avec le lancement de la R5 électrique en 2024 puis ce mois-ci de la Twingo électrique.

En 2025, pour la première fois depuis la création de Stellantis en 2021 par la fusion entre PSA et Fiat Chrysler, Renault et sa filiale Dacia ont pris la tête des ventes en France, avec 26,36% de part de marché contre 25,79% pour les 14 marques de Stellantis (Peugeot, Citroën, Fiat, Jeep, Alfa Romeo...).

Le groupe français, qui mise à fond sur l'électrique, a vu la part de l'électrique atteindre 32% de ses ventes de voitures en France au premier trimestre 2026, davantage que pour l'ensemble du marché (28%).

Ce choix a un prix : sa marge opérationnelle a diminué à 6,3% en 2025 contre 7,6% en 2024, rognée notamment par la part croissante des voitures électriques, moins rentables que les thermiques. Le groupe a aussi subi en 2025 une perte nette de 10,9 milliards d'euros, liée à une révision de la valeur de ses parts dans Nissan.