* Y6.500 milliards de rachats de titres sur 2018-2019
* Réserves record de Y446.500 mds sur 2017-2018
* Y7.800 mds de rachats de titres sur 2019-2020, dit Goldman
Sachs
par Ayai Tomisawa et Alun John
TOKYO/HONG KONG, 18 février (Reuters) - Les rachats de
titres par les entreprises ont atteint un montant record au
Japon durant l'exercice fiscal en cours et la tendance devrait
se confirmer sous la pression des actionnaires et d'un
gouvernement qui veut une gouvernance et des rendements
meilleurs.
Ces dernières semaines, Softbank Group 9984.T , Sony
6758.T , Itochu 8001.T , entre autres, ont annoncé des rachats
de titres dépassant les 1.300 milliards de yens, portant la
valeur totale de ces opérations depuis le 1er avril - date du
début de l'exercice fiscal 2018-2019 - à plus de 6.500 milliards
de yens (52 milliards d'euros).
Alors même que l'exercice en cours n'est pas fini, c'est
déjà un montant sans précédent depuis 2003, année où les rachats
de titres ont été instaurés, selon le consultant I-N Information
Systems.
Les investisseurs reprochent depuis longtemps aux sociétés
japonaises de thésauriser plutôt qu'investir leur cash ou en
faire profiter leurs actionnaires, ce qui a pour effet de
réduire le rendement des fonds propres (ROE).
"On a vu durant le mois écoulé beaucoup d'actions favorables
à l'actionnaire de la part d'une grande variété de sociétés
japonaises", observe Seth Fischer (Oasis Management), citant
Softbank, Sony, Haseko 1808.T , Tokyo Tatemono 8804.T et
Toppan Printing 7911. .
"Pour attirer l'investisseur étranger, les entreprises
doivent poursuivre sur la voie d'augmenter les rendements pour
l'actionnaire, tout en continuant d'améliorer leur gouvernance".
Il est de fait important pour les entreprises nippones
d'apaiser des investisseurs étrangers qui ont vendu pour 13.000
milliards de yens d'actions japonaises en 2018, plus de quatre
fois les montants de 2015 et de 2016, alors qu'ils en avaient
achetées en net pour 1.900 milliards de yens en 2017.
"Les entreprises japonaises qui ont une bonne gouvernance
tirent parti de valorisations meilleur marché et parviennent à
placer un plancher sous leurs cours de Bourse en rachetant des
titres", dit Archibald Ciganer (T.Rowe Price).
Les autorités japonaises invitent les entreprises nationales
à mieux prendre en compte les souhaits de leurs actionnaires,
par le biais le plus souvent d'une nouvelle gouvernance. Les
directives émises en ce sens l'an passé exhortent les sociétés à
mettre l'accent sur leur politique de gestion de trésorerie en
particulier.
Selon des données du ministère des Finances, les réserves
des entreprises nippones atteignaient un montant record de
446.500 milliards de yens à la fin de leur dernier exercice
fiscal.
Le ROE des sociétés japonaises est susceptible de tomber à
moins de 10% sur l'exercice clos le 31 mars, sa première baisse
depuis trois ans, selon Nomura Securities.
"Beaucoup d'entreprises japonais ont tout simplement trop de
cash dans leur bilan, ce qui pèse sur le ROE; une meilleure
gestion de la structure du capital s'impose vraiment", note Kin
Chan (Argyle Street Management).
Une révision du code de gouvernance des entreprises adoptée
l'an passé, et destinée à réduire les participations croisées,
porte aussi les opérations de rachat de titres.
"Dissoudre les participations croisées et augmenter
dividendes et rachats de titres sont deux moyens de rendre les
entreprises japonaises plus attrayantes pour les investisseurs
étrangers", affirme Patrick Moonen (NN Investments Partners).
Le mouvement de rachat de titres ne semble pas devoir
marquer de pause et les analystes de Goldman Sachs pensent
qu'ils se monteront à 7.800 milliards de yens sur l'exercice
clos le 31 mars 2020.
A l'heure actuelle, 56% des entreprises non financières
intégrées à l'indice Topix .TOPX sont en situation de
trésorerie nette positive, ce qui veut dire qu'il leur resterait
des réserves si elles remboursaient toutes leurs dettes sur le
champ. Aux Etats-Unis et en Europe, la proportion est de moins
de 20%, suivant le courtier CLSA.
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Japan Buyback https://tmsnrt.rs/2E9ABPV
Foreign investors outflow https://tmsnrt.rs/2BMtYl1
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(Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Véronique
Tison)