J. Safra Sarasin n'anticipe plus que deux hausses de taux de la BCE
information fournie par AOF 23/10/2026 à 17:47

(Zonebourse.com) - Les marchés financiers concentreront leur attention sur les réunions de politique monétaire de la Réserve fédérale et de la BCE la semaine prochaine. Les deux banques centrales doivent mettre en balance les pressions inflationnistes liées à l'énergie, d'une part, et le durcissement des conditions financières, d'autre part. Dans ce contexte, "la BCE devrait maintenir ses taux directeurs inchangés la semaine prochaine, malgré les risques inflationnistes", estime la banque privée suisse J. Safra Sarasin.

Zone euro : un durcissement monétaire poussé par les tensions budgétaires

Ce durcissement des conditions financières dans la zone euro s'est accéléré ces dernières semaines, sous l'effet combiné de la hausse des rendements des obligations d'État et de l'élargissement des écarts de taux (spreads) des pays périphériques. Cette dynamique est principalement nourrie par les inquiétudes budgétaires autour de la France.

Par conséquent, J. Safra Sarasin ne prévoit plus que deux hausses de taux de la BCE, en décembre et en mars 2027. Lors de sa conférence de presse, la présidente Lagarde devra aborder l'élargissement actuel des écarts de rendement des obligations françaises. Toutefois, une intervention au moyen de l'instrument de protection de la transmission (TPI) reste très peu probable, la France ne respectant pas pleinement le cadre budgétaire de la zone euro.

Etats-Unis : la Fed face à une demande résiliente

Outre-Atlantique, la situation économique offre une marge de manoeuvre différente à la banque centrale américaine.

Les mesures des anticipations d'inflation fondées sur les marchés restant bien ancrées et les conditions financières se durcissant, le président de la Fed, Warsh, peut se permettre de patienter. La demande reste néanmoins trop forte pour que l'inflation revienne à 2% sans nouveau resserrement monétaire. "Nous continuons donc de prévoir un cycle de hausses progressif, avec un relèvement de 25 points de base en décembre, suivi de trois hausses trimestrielles l'année prochaine, pour atteindre un taux terminal de 4,75-5%, à mesure que la demande ralentit progressivement", détaille J. Safra Sarasin.

Perspectives sur les marchés : l'or préserve son rôle de valeur refuge

Au-delà des décisions des banques centrales, ce contexte macroéconomique continue d'orienter les allocations d'actifs, notamment sur les matières premières.

L'analyse des rendements historiques de l'or montre que leur corrélation inverse avec les niveaux des rendements réels américains a toujours été temporaire plutôt que durable. Par ailleurs, la persistance des risques géopolitiques devrait maintenir les primes de risque à un niveau élevé, soutenant une forte demande institutionnelle d'or tout en limitant son potentiel de baisse, malgré des rendements réels élevés. "Nous prévoyons que l'or bénéficiera d'un assouplissement des rendements réels lorsqu'il se produira et estimons que la balance des risques reste favorable à l'or", indique J. Safra Sarasin.

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