Investissement individuel : la retraite prioritaire, mais le déficit de connaissances persiste (Amundi)
information fournie par AOF 23/09/2026 à 16:01

(Zonebourse.com) - Amundi a publié hier les résultats de la 3e édition de son étude "Decoding Investors", consacrée aux investisseurs et épargnants individuels. Menée dans 26 pays auprès de 18 000 personnes, l'étude analyse leurs objectifs, leurs craintes, leurs comportements ainsi que leurs sources d'information en matière d'investissement. L'édition 2026 révèle que la retraite se trouve au coeur des préoccupations des investisseurs, mais que nombre d'entre eux manquent encore de confiance et de connaissances pour transformer leur épargne en stratégies d'investissement à long terme.

Financement de la retraite : un enjeu prioritaire mais un écart subsiste entre intention et confiance

L'épargne et l'investissement personnel constituent désormais la principale source attendue de revenus à la retraite. Les personnes interrogées estiment ainsi que 42% de leur retraite sera financée grâce à leur épargne et à leurs placements, devant les pensions publiques et les régimes de retraite d'entreprise. Cette proportion est particulièrement marquée en Asie, où les investisseurs s'attendent à financer plus de la moitié de leur retraite grâce à leur épargne et à leurs investissements personnels.

Malgré cette prise de conscience, seuls 36% citent la retraite comme un objectif prioritaire de leurs investissements (34% en Europe, contre 40% en Asie). Et parmi eux, à peine 23% se sentent très confiants quant à leur capacité à assurer leur sécurité financière à long terme, contre 26% l'année dernière.

En revanche, le recours à un conseil professionnel a un impact significatif : la moitié de ceux qui y ont recours déclarent être très confiants quant à leur capacité à financer leur retraite, contre seulement 14% parmi ceux n'ayant jamais bénéficié de conseil.

Faute de confiance, les épargnants restent à distance des marchés de capitaux

L'étude révèle que près de la moitié (43%) des épargnants pensent commencer à investir dans les 12 prochains mois (un chiffre qui grimpe à 62% chez les 21-30 ans), mais ils sont 39% à être encore freinés par la peur de perdre de l'argent.

L'intention d'investir varie fortement selon les pays : les épargnants danois sont en tête (79%), suivis par les Singapouriens (73%), tandis que les Français sont moins enclins à sauter le pas (27%).

En pratique, cela conduit souvent les épargnants à conserver davantage de liquidités que nécessaire plutôt que d'investir sur les marchés de capitaux : pour une majorité d'entre eux (52%), une réserve de moins de six mois de revenus suffit pour faire face aux imprévus, mais ils conservent bien plus de liquidités.

Culture financière : entre perception et réalité

De plus, l'étude met en lumière un important déséquilibre entre le niveau de confiance des investisseurs et leur niveau réel de connaissances financières : 70% de ceux qui se qualifient eux-mêmes "d'experts" n'ont pas su répondre correctement à trois questions élémentaires de culture financière.

Le constat est encore plus saisissant au sommet de l'échelle patrimoniale. Bien que plus confiants, les investisseurs les plus fortunés affichent le niveau de connaissances financières le plus bas : seuls 36% ont validé l'ensemble du test de culture financière. Cependant, ils sont également ceux ayant le plus recours à des conseillers professionnels (87%), contre 58% pour les investisseurs moins fortunés.

IA et réseaux sociaux : les nouveaux alliés de l'information financière

En l'espace d'un an, l'usage régulier de l'IA comme source d'idée et d'information financière a été multiplié par quatre pour atteindre 19%. Plus marquant, sept investisseurs sur dix ont déjà utilisé l'IA pour les aider dans leurs décisions d'investissement. Plus de la moitié d'entre eux (59%) sont passés à l'action sur la base de ces conseils, et 90% d'entre eux se disent satisfaits du résultat.

Le recours aux réseaux sociaux continue également de progresser : près d'un investisseur sur deux (46%) déclare rechercher des informations financières par le biais d'influenceurs. Cela est particulièrement le cas en Inde (68%) ou au Brésil (65%), tandis que les pays européens comme la France (28%), l'Espagne (37%) et l'Allemagne (40%) sont en retrait.

Ces nouvelles sources d'information ne remplacent pas le conseil professionnel : elles viennent plutôt le compléter, en permettant aux investisseurs de confirmer des idées ou de valider des recommandations. Plus de 60% des investisseurs déclarent ainsi avoir accès à au moins une forme de conseil professionnel, qui passe de plus en plus par des canaux digitaux : 59% des répondants reçoivent désormais tout ou partie de leurs conseils en ligne.

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