Interparfums réduit encore son objectif de ventes pour 2025, absence de visibilité sur 2026
information fournie par AOF 19/11/2025 à 11:06

(AOF) - Chutant de 9,68%, à 24,08 euros, Interparfums enregistre un des plus forts replis du SBF 120, après une nouvelle révision à la baisse de son objectif de chiffre d'affaires pour l'exercice 2025. Le créateur de parfums pour les marques Jimmy Choo, Montblanc, Moncler et Karl Lagerfeld anticipe dorénavant un chiffre d'affaires de l'ordre de 890 millions d'euros, alors qu'il était précédemment attendu autour de 900 millions d'euros. Les analystes tablaient jusqu'à présent sur un chiffre d'affaires de 901 millions d'euros sur cet exercice.

En septembre dernier, le fabricant de parfums annonçait qu'il ciblait des revenus annuels autour de 900 millions d'euros contre une fourchette basse de son estimation initiale, de l'ordre de 910 millions d'euros.

"Après plusieurs années de très forte croissance et un chiffre d'affaires pratiquement doublé en 4 ans, l'année 2025 voit sa croissance ralentir", a reconnu Philippe Benacin, PDG du groupe.

Aucune donnée chiffrée pour 2026

Le fabricant de parfums a aussi indiqué ce mercredi "ne pas être en mesure d'établir des prévisions de ventes pour 2026 en raison de la multiplicité des paramètres favorables et défavorables". Toutefois, son modèle économique lui permettra de maintenir des niveaux de profitabilité élevés. Selon Invest Securities, les analystes anticipent pour 2026 un chiffre d'affaires de 935 millions d'euros, soit une progression attendue par rapport aux ventes prévisionnelles de 2025.

La direction d'Interparfums souligne que les ventes pour l'année 2026 seront impactées par un environnement économique et géopolitique probablement toujours dégradé ; une parité budgétaire euro dollar négative à hauteur d'une vingtaine de millions d'euros ; et une base de comparaison défavorable du fait de la fin du contrat de licence Boucheron au 31 décembre 2025.

"A l'inverse de son habitude, l'absence de prévisions d'Interparfums pour l'année forward ne sera pas interprété à ce stade de l'année comme un signal de prudence, mais de visibilité réduite", commente Oddo BHF. Le broker souligne que "le marché de la parfumerie semble ralentir, et les effets FX (de change) seront contraires, au moins au premier semestre et le plan d'ouvertures de magasins Solférino pourrait peser sur la marge opérationnelle (peut-être 2 à 3 millions d'euros)".

En outre, Interparfums se montre rassurant, en dépit de la réduction de ses perspectives de ventes. Le parfumeur rappelle que ses douze derniers mois ont été marqués par un renforcement ciblé du portefeuille de marques. Celui-ci lui permettra d'accentuer la croissance de son activité à partir de l'année 2027.

Dans le détail, il s'agit de l'acquisition d'Off-White (marque italienne de streetwear de luxe) en classe 3 et de celle de la marque Annick Goutal en classe 3, nom historique de la Haute Parfumerie. Le groupe a signé aussi un contrat de licence avec la Maison Longchamp.

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En savoir plus sur Interparfums

Points-clés

- Distributeur de parfums de prestige créé en 1982 ;

- Chiffre d’affaires de 880 M€ réalisé à 94% à l’international dont 38% en Amérique du nord, 18% en Europe de l’ouest dont 6% en France, 14% en Asie, 9% au Moyen-Orient, en Amérique latine et en Europe de l’est ;

- Ventes réparties entre 7 grandes marques : Jimmy Choo (25%), Montblanc (23%), Coach (21%), Lacoste (9%), Lanvin et Rochas ;

- Ambition : élargissement du portefeuille de parfums via des partenariats de long terme avec les marques mondiales de parfum, maroquinerie, mode, haute couture et haute joaillerie –Boucheron, Coach, Goutal, Jimmy Choo, Kate Spade, Lagerfeld, Lanvin, Longchamp, Moncler, Montblanc, Rochas, Van Cleef & Arpels ;

- Capital contrôlé indirectement à 31,7% par la holding de Philippe Benacin et Jean Madar, Philippe Benacin étant président-directeur général du conseil de 10 administrateurs et Philippe Santi directeur général délégué.

Enjeux

- Agilité du modèle d’affaires :

- quatre piliers : la durée – de 10 à 30 ans - des contrats avec les marques, assortis de droits d’entrée souvent inférieurs à un an de revenus, l’expertise marketing -« raconter une histoire » propre à chaque Maison, la maîtrise du process industriel de la conception à la production des parfums et l’externalisation du conditionnement et de la logistique,

- réduction de la dépendance des revenus aux 3 premières marques (43% à fin 2024 vs 75% un an plus tôt) par rééquilibrage du portefeuille vers les marques Lanvin, Rochas et Van Cleef, et par enrichissement des actifs avec 4 marques acquises en 18 mois -Annick Goutal, Lacoste, Longchamp et Off- White

- pénétration encourageante du marché chinois (hausse de 18% des ventes en 2024)

- innovation limitée, la société étant donneur d’ordres aux créateurs et distributeurs ;

- Stratégie environnementale :

- charte éco conception pour les fournisseurs, l’entreprise n’ayant pas de sites industriels,

- lancements 2024-2025 de flacons avec verre recyclé à 74% et emballage carton à 89% ;

- Exploitation du potentiel des récentes signatures de licences : accord pour une durée indéterminée de développement, à partir de 2026, de la marque Goutal en collaboration avec Amorepacific Europe et accord signé en juin avec Longchamp, valable jusqu’à fin 2036 ;

- Bilan peu endetté avec 697 M€ de capitaux propres et une dette nette de 75 M€ à fin juin, due à l’acquisition de Goutal.

Défis

- Croissance des revenus tirée par les lancements, plutôt concentrés de l’automne à fin décembre, de nouveaux parfums, notamment pour le 2ème semestre, de Lacoste Original, de with Love de J.Choo et de Solférino, marque propre au groupe ;

- Face à la hausse à 15 % des droits douaniers américains : après un relèvement de 7 à 8 % des prix publics aux Etats-Unis, vers d’autres mesures de protection de la marge d’exploitation, telle l’arrêt de la diversification dans le prêt-à-porter de Rochas ;

- Après une avancée de 6,1 % des revenus et de 5 % du bénéfice net à fin juin, objectif 2025 abaissé pour la 2ème fois d’’un chiffre d’affaires autour de 900 M€, soit un repli proche de 6 % du fait de l’impact négatif des changes et du ralentissement de la consommation ;

- Politique de distribution généreuse : les 2/3 du résultat net, soit un dividende en hausse à 1,15 €, et attribution, chaque année depuis 26 ans, de 1 action pour 10 détenues.