(Actualisé avec les déclarations du parquet de Munich, du FT
détails sur la BaFin)
BERLIN, 18 février (Reuters) - La BaFin, l'autorité des
marchés financiers allemands, a pris lundi l'initiative sans
précédent d'interdire les prises de position à découvert sur
Wirecard WDIG.DE après des articles du Financial Times qui ont
provoqué ces dernières semaines une forte volatilité du titre du
spécialiste du traitement des paiements électroniques.
Le parquet de Munich a confirmé de son côté un article du
Frankfurter Allgemeinz Zeitung (FAZ) sur l'ouverture d'une
enquête concernant un journaliste du Financial Times, à la suite
d'une plainte. Le parquet fait état du témoignage d'une personne
qui aurait été mise au courant de l'article du FT avant sa
publication.
Le FT a déclaré que les allégations de manipulation de
marché ou de manquement à l'éthique journaliste étaient fausses
et sans fondement.
Le titre Wirecard prenait 12% en milieu de journée à la
Bourse de Francfort, plus forte hausse de l'indice paneuropéen
Stoxx 600 .STOXX .
L'interdiction de la BaFin est la première de ce type
concernant une valeur boursière en particulier. Le régulateur
avait interdit la vente à découvert des actions bancaires lors
de la crise financière mondiale en 2008.
La vente à découvert est une tactique de négociation
boursière par laquelle un investisseur emprunte des titres pour
les vendre dans l'espoir de les racheter moins cher plus tard.
"Les derniers jours ont été marqués par une grande
incertitude sur les marchés financiers. Cela a été provoqué
notamment par l'évolution du cours de l'action Wirecard AG au
cours des dernières semaines", a déclaré la BaFin.
CLARIFIER LA SITUATION
Elle a précisé que l'interdiction de prendre des positions à
découvert ou d'augmenter ses positions à découvert existantes
sur Wirecard s'appliquait jusqu'au 18 avril.
Un porte-parole de Wirecard a déclaré que le groupe
accueillait favorablement toutes les mesures des autorités de
supervision qui contribuent à clarifier rapidement la situation.
A la clôture de vendredi, le titre Wirecard accusait une
chute d'environ 40% depuis fin janvier, quand le Financial Times
a commencé la publication de trois articles sur des
malversations financières et des irrégularités comptables
présumées dans les bureaux du groupe allemand à Singapour.
Wirecard a dit qu'il porterait plainte contre le journal
britannique pour ces articles qu'il a qualifiés de
diffamatoires.
"Les informations parues dans la presse ont coïncidé avec
une augmentation des positions courtes nettes", a déclaré la
BaFin, ajoutant que ces positions courtes étaient détenues par
divers investisseurs, notamment de l'étranger, souvent sous le
seuil réglementaire de publication.
Les investisseurs qui détiennent plus de 0,5% des positions
courtes sur une action sont obligés de déclarer leurs avoirs.
Selon ces déclarations, Slate Path Capital détenait des
positions courtes représentant 1,5% des actions Wirecard à la
date du 12 février, Odey Asset Management en détenait 0,77% le 8
février et 8 et l’Office d'investissement du Régime de pensions
du Canada en détenait 0,36% le 4 octobre 2017.
"Ces derniers jours, il y a eu une nouvelle augmentation
substantielle des positions courtes nettes", a poursuivi la
BaFin, ajoutant que ces événements avaient créé de l'incertitude
sur le marché, notamment en ce qui concerne la détermination du
prix approprié de l'action Wirecard.
Voir aussi :
* BREAKINGVIEWS-Wirecard lands dubious credit from German
watchdog
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BREAKINGVIEWS-Wirecard lands dubious credit from German watchdog
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(Riham Alkousaa, Arno Schuetze et Alex Huebner, Dominique
Rodriguez pour le service français)