11 juin (Reuters) - Le rejet par Inmarsat ISA.L d'une
offre d'achat de la société américaine EchoStar SATS.O
pourrait déclencher une bataille d'OPA, au regard de la valeur
du spectre de fréquences de l'opérateur britannique de
satellites, estiment des analystes.
L'action Inmarsat prend 12,9% à 535 pence lundi vers 11h15
GMT à la Bourse de Londres , portant la capitalisation du groupe
britannique à environ 2,4 milliards de livres (2,71 milliards
d'euros), après le rejet vendredi de la proposition d'EchoStar,
jugée trop faible.
Inmarsat, créé en 1979 pour permettre aux navires de rester
en contact avec le littoral ou pour pouvoir lancer un appel à
l'aide en cas d'urgence, a vu la valeur de ses actifs
s'accroître grâce à une diversification dans les services pour
les réseaux téléphoniques et les fournisseurs de haut débit.
Softbank 9984.T , Google GOOGL.O et Facebook FB.O
étudient tous des opportunités d'investissement dans les réseaux
satellitaires.
Inmarsat n'a pas précisé le montant de l'offre d'Echostar
dans son communiqué de vendredi mais les analystes de RBC
Capital Markets ont déclaré que son réseau pourrait valoir
jusqu'à une dizaine de livres par action.
RBC a relevé son objectif de cours à 850 pence par action
contre 725 auparavant, citant ViaSat VSAT.O , Eutelsat
communications ETL.PA et SES comme de possibles
surenchérisseurs.
Le réseau d'Inmarsat semble particulièrement complémentaire
des fréquences détenues par DISH, une société contrôlée par
Echostar, et étendrait le spectre européen actuel du groupe
américain, a expliqué RBC.
"Détenir Inmarsat permettrait à Echostar d'avoir les mêmes
fréquences en Europe que DISH aux Etats-Unis", ont déclaré les
analystes de RBC.
Le groupe a également investi dans l'accès internet à bord
des avions.
Selon les analystes de Morgan Stanley, le rachat d'Inmarsat
et des 13 satellites fournissant des services aux compagnies
aériennes, aux groupes de médias et à l'industrie pétrolière et
gazière pourrait permettre à Echostar de devancer ViaSat dans la
course à une couverture mondiale complète.
Mais certains pointent d'éventuels obstacles réglementaires
car la Grande-Bretagne considère les infrastructures
satellitaires comme stratégiques.
(Sangameswaran S à Bangalore
Claude Chendjou pour le service français, édité par Wilfrid
Exbrayat)