Impôts en France : les commerçants doivent-ils aussi payer leur propre sécurité ? information fournie par Cryptoast 23/10/2026 à 09:00
Après les violences qui ont touché des milliers de commerces en France, la préfecture de police de Paris recommande aux commerçants de recourir à des agents de sécurité privée. Une mesure qui interroge sur le rôle de l'État et ravive le débat sur le consentement à l'impôt : pourquoi payer davantage pour une sécurité déjà financée par les contribuables ?
Une recommandation officielle qui fait grincer des dents
Après les violences et les pillages des 17 et 18 octobre, qui ont touché au moins 3 000 commerces en France, les autorités redoutent de nouveaux débordements lors des manifestations prévues ce samedi. À Paris, la préfecture de police invite ainsi les commerçants à renforcer leur protection, quitte à faire appel à des agents de sécurité privée.
Une recommandation qui soulève une question sensible : pourquoi les commerçants devraient-ils payer des agents de sécurité privés pour protéger leurs établissements, alors que leurs impôts contribuent déjà au financement de la police et du maintien de l'ordre ?
Dans un courrier daté du mercredi 21 octobre, le préfet de police de Paris, Patrice Faure, a demandé aux élus parisiens de relayer plusieurs consignes de sécurité auprès des commerçants. Il leur a notamment conseillé de recourir à des agents privés, éventuellement accompagnés d'équipes cynophiles.
Les commerçants ont également été invités à vérifier leurs systèmes d'alarme et de vidéosurveillance, à protéger leurs vitrines, à mettre leurs marchandises à l'abri, voire à adapter leurs horaires, quitte à fermer temporairement leur établissement.
Malgré le renforcement annoncé des effectifs policiers, la préfecture semble ainsi reconnaître que les forces de l'ordre ne peuvent garantir à elles seules la protection de chaque commerce.
Ces mesures ne sont pas obligatoires, mais elles pourraient entraîner un coût supplémentaire pour les professionnels qui décideraient de les appliquer, sans pour autant leur garantir une protection totale.
Le Medef pose la question du consentement fiscal
La polémique a pris une dimension politique avec, par exemple, l’intervention de Patrick Martin. Le président du Medef a estimé sur RMC que l’État devait prendre en charge les pertes d’exploitation des commerçants non assurés, jugeant que les autorités avaient été défaillantes dans le maintien de l’ordre.
« On paye des impôts, y compris pour assurer le maintien de l’ordre », a-t-il lancé, réclamant une compensation publique pour les professionnels qui ne disposent pas d’une couverture assurantielle suffisante.
Sur X, un internaute a listé pour sa part l’ensemble des prélèvements supportés par les commerçants français, de l’impôt sur les sociétés aux cotisations sociales, en passant par la CFE, la CVAE, la taxe foncière, la TASCOM ou encore le versement mobilité.
Il pose en filigrane la question suivante : si la sécurité, première fonction régalienne de l’État, doit désormais être financée en complément par les contribuables eux-mêmes, à quoi sert exactement l’impôt ?
Face à la polémique, Patrice Faure a fini par reconnaître hier une communication « peut-être maladroite ». Il a rappelé que la protection des commerçants restait bien de la responsabilité de l'État et a assuré que les autorités ne se déroberaient pas à leurs obligations.
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Sources : Le Parisien , Public Sénat , Boursorama
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