Hier à Wall Street : pire séance depuis un mois avec Tesla et Alphabet information fournie par Zonebourse 24/07/2026 à 07:40
Alors qu'une sérénité de matin calme prévalait la veille ou l'avant-veille, comme si la flambée du pétrole et des taux n'existait pas, les indices américains ont connu jeudi leur pire séance depuis le 23 juin, au vu de leurs cours de clôture : le Dow Jones a lâché 0,97% à 51 712, le S&P 500 a abandonné 1,21% à 7 408 et le Nasdaq 100 a dévissé de 1,87% à 28 455.
La séance a été marquée par les plongeons de Tesla (-14,5%) et d'Alphabet (-7,15%), qui ont dévissé au lendemain de leurs résultats trimestriels, du fait de CAPEX très élevés et de cash flows devenant négatifs à la suite des investissements massifs dans l'IA.
Pour mémoire, Google détenait l'équivalent de 94 MdsUSD en actions SpaceX fin juin, ce qui lui a permis d'afficher un bénéfice stratosphérique de 112 MdsUSD, reposant à 80% sur des plus-values latentes... soumises à une volatilité étourdissante depuis un mois.
Alphabet a entraîné Amazon dans sa chute (-4,6%) pour ce même motif de contraste entre le succès éclatant de l'activité "Cloud" (chiffre d'affaires et profits records) et les mises astronomiques dans l'IA, sans garantie de retour sur investissement.
Peu après la clôture, les résultats d'Intel ont été salués par une envolée de 10% du cours vers 110 USD : le chiffre d'affaires enregistre sa plus forte progression depuis 15 ans, à 16,13 MdsUSD (contre 14,42 MdsUSD attendus), tandis que le bénéfice ressort deux fois supérieur aux estimations, à 0,42 USD contre 0,21 USD attendu.
Le secteur le plus éprouvé ce soir est celui des compagnies aériennes, avec Southwest Airlines (-6,2%) et American Airlines (-8,3%), sur fond de craintes d'une flambée du kérosène, voire de pénuries dans certains pays.
La hausse des taux, qui propulse le 10 ans US au-delà de 4,70% et le 2 ans vers 4,36%, a pénalisé les valeurs cycliques. Les investisseurs ont privilégié les valeurs défensives traditionnelles, comme les "labos". De façon paradoxale, les valeurs pétrolières ont peu profité de la situation tendue dans le golfe Persique : Valero (-1,8%), Marathon (-1,2%) et Halliburton (-1%).
Le climat géopolitique continue de se dégrader : dans une publication sur Axios, Donald Trump prévient que "les États-Unis sont sur le point de mener une attaque massive contre l'Iran, bien plus importante que l'opération Epic Fury et plus grande que toute attaque jamais menée auparavant".
Il avait la veille menacé l'Iran et ses alliés rebelles houthis du Yémen d'une "punition militaire majeure" après les frappes revendiquées par ces rebelles contre deux pétroliers saoudiens en mer Rouge.
La réponse du camp adverse n'a pas tardé. À la télévision d'État, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a dénoncé ce jeudi l'attitude irrationnelle et dominatrice des États-Unis, après 12 jours consécutifs d'attaques américaines et de représailles iraniennes au Moyen-Orient.
Les Gardiens de la révolution iraniens ont, de leur côté, annoncé aujourd'hui avoir arrêté trois pétroliers qui tentaient de franchir le détroit d'Ormuz.
Côté statistiques, les nouvelles inscriptions au chômage ont chuté de façon inattendue de 22 000, à 187 000, le plus faible total depuis... 1969. Le Département du Travail des États-Unis a révisé à la hausse, de 208 000 à 209 000, le chiffre de la semaine précédente, et la moyenne sur quatre semaines ressort à 207 000, ce qui reste proche des plus bas historiques.
Les départs à la retraite expliqueraient pour une large part la baisse des inscriptions. Les fermetures saisonnières d'usines automobiles également, ainsi que les emplois à temps partiel liés à la Coupe du monde de football, qui s'est achevée ce week-end.