Hier à Wall Street : l'engouement pour la tech porte une nouvelle vague de records
information fournie par Zonebourse 27/05/2026 à 07:08

L'absence d'avancées concrète vers une paix durable au Moyen-Orient et la fragilisation du cessez-le-feu n'ont pas empêché les indices actions américains de signer des records pour la majorité d'entre eux, alors que l'engouement pour les valeurs associées à l'IA ne se dément toujours pas. Si le Dow Jones a cédé 0,23% à 50 462, le S&P 500 a progressé de 0,61% à 7 519 et le Nasdaq-100 s'est même adjugé 1,76% pour atteindre 30 001.

Le Nasdaq-100 à 30 000, le S&P 500 au-delà des 7 500, le Russell 2000 qui explose de 1,8% à 2 921 (contre un précédent zénith à 2 886 le 6 mai), le Nasdaq Composite à 26 650 (contre 26 635 le 14 mai) : c'est le carton plein de records absolus et de "doublés" intraday/clôture. Il ne manque que le Dow Jones (-0,23%), qui devient un indice "marginal" puisqu'il ne pèse plus qu'à peine 50% du S&P 100 et un gros tiers du S&P 500.

Wall Street "voulait" de nouveaux records depuis les annonces triomphales de Trump samedi : le fait que rien ne se concrétise indiffère complètement le marché.

Cela permet de recommencer, encore et encore... puisque les démentis et les incidents documentés n'ont quasiment aucune prise sur les investisseurs : ils privilégient le "virtuel" (qui ne valide jamais les anticipations de réouverture d'Ormuz, pas une seule fois en 6 semaines) et ignorent le réel (qui invite à tempérer leur enthousiasme).

Et à chaque fois que l'horizon géopolitique semble s'éclaircir, une furia haussière se déchaîne sur le secteur des semi-conducteurs, ne laissant aucun autre choix aux "algos" que de se battre et de surenchérir frénétiquement pour ramasser "tout ce qui bouge".

Aujourd'hui, c'était Micron : un analyste d'UBS triple d'un coup son objectif de cours, car il vient de "revoir sa méthode d'évaluation des ventes futures" et juge qu'un petit sacrifice sur les marges garantira plus de régularité à long terme, la demande de "mémoire" pour l'IA étant supposée proche de l'infini (et la Chine resterait encore pendant des années un concurrent marginal).

Le titre prend 20% (et 180% depuis le 30 mars, avec un cours presque triplé et une capitalisation de 1 001 MdsUSD) et fait littéralement exploser le SOXX de 6,10% à 537 USD : 74% en 8 semaines et un nouveau record absolu pulvérisé à la suite d'un gain de 10% en 48 h. Jamais aucun indice ou sous-indice de la tech n'a gagné 74% depuis 1971 (création du Nasdaq), ni représenté 75% de la hausse du S&P 500 en 8 semaines.

Le Nasdaq-100, qui s'envole ce soir au-delà des 30 000 points, vient de rajouter 12 000 MdsUSD de capitalisation dans l'intervalle, le S&P 500 12 500 MdsUSD, soit très exactement 5 fois la capitalisation du CAC 40, et 3 fois celle de la Bourse de Shenzhen (et de tous ses producteurs de semi-conducteurs).

Ce n'est même pas la peine d'évoquer les conséquences d'un processus de réouverture d'Ormuz prenant plusieurs semaines (entraînant inflation, rationnements, pénuries...) plutôt que quelques jours (version Trump).

Les négociations ne tiennent plus qu'à un fil, et celui-ci pourrait casser sur la question du Liban : c'est ce qui transparaît des dernières déclarations des autorités iraniennes, lesquelles fustigent les revirements permanents des négociateurs américains, sous la pression des "va-t-en-guerre" du Congrès (Lindsey Graham, Ted Cruz) et de l'allié israélien, qui intensifie ses frappes contre le Hezbollah.

Dans la nuit de lundi à mardi, Washington a par ailleurs indiqué avoir mené des frappes dans le sud de l'Iran (nombreux échanges de tirs autour des îles qui occupent la partie nord du détroit), ravivant les inquiétudes des marchés sur une possible escalade régionale. Le président américain a prévenu que les États-Unis pourraient intensifier leurs actions militaires en cas d'échec des négociations.

Le baril de pétrole WTI refranchit les 100 USD après avoir fléchi vers 96 USD lundi, avant les accrochages de la nuit dernière. Mais le WTI reste ancré autour de 94 USD contre 98 USD vendredi : c'est cependant un vrai progrès par rapport à vendredi, ce qui apaise un peu les tensions inflationnistes.

Les T-Bonds à "10 ans" effacent 6,5 points de base à 4,508%, le "2 ans" 6 points de base à 4,067% et le "30 ans" 5 points de base à 5,032%.

Du côté des indicateurs économiques, les investisseurs ont pris connaissance de l'indice de confiance des consommateurs publié par le Conference Board. Celui-ci ressort à 93,1, contre 92 attendus par le consensus (après 93,8 en avril), limitant ainsi le repli observé sur le mois.