Hier à Wall Street : Goldman Sachs et l'inflation font oublier IBM et le pétrole
information fournie par Zonebourse 15/07/2026 à 07:30

Wall Street ignore superbement l'annonce américaine de nouvelles frappes contre l'Iran ce mardi, ainsi qu'un niveau toujours élevé du baril de "WTI", qui flirte avec les 80 USD. Au terme de la séance, le Nasdaq 100 gagne 1,10% à 29 586, le S&P 500 prend 0,38% vers 7 544, avec l'appui de Nvidia, qui grimpe de 4%, Palo Alto Networks de 7% et Alphabet de 2%, tandis que le Dow Jones grignote symboliquement 0,02% à 52 508.

Après l'escalade verbale de la veille, Trump, comme à 41 reprises depuis le début avril, change son fusil d'épaule et tient des propos plus apaisants : il a annoncé vers 18 h 30 qu'il convertissait les 20% de taxe sur la valeur de la cargaison des navires transitant par Ormuz en obligation de conclure des projets d'achat et d'investissement avec les pays du Golfe persique (sauf l'Iran, bien sûr).

Trump avait auparavant minimisé la gravité des bombardements et des attaques réciproques entre les Etats-Unis et l'Iran en les qualifiant "d'incidents", qui ne préfigurent pas d'escalade. Il avait au passage confirmé que le détroit d'Ormuz était sous contrôle américain... mais la réalité est que, même avec cette protection annoncée le week-end dernier, pratiquement aucun navire ne circule.

A aucun moment, le trafic dans le détroit n'a atteint ne serait-ce que 50% de la moyenne d'avant-guerre, mais le prix du pétrole a évolué comme s'il était grand ouvert... avant de rebondir brutalement depuis lundi, jusque vers 87 USD pour le Brent et 80 USD pour le WTI... avant les annonces de Trump (Brent retombé vers 85 USD), mais sans préjudice pour le S&P 500, qui s'effrite de 0,35% en 48 heures.

L'autre "grand sujet" de la semaine, c'est le coup d'envoi des résultats trimestriels, qui donne lieu à des écarts très dissymétriques : Goldman Sachs s'impose comme la locomotive du S&P 500 avec une envolée de 8,9% (le titre établit un nouveau record absolu à 1 138 USD).

Goldman Sachs réalise un véritable carton plein au 2e trimestre avec une Bourse de Wall Street au firmament et plus bullish que jamais (activité "actions" à 72%), ainsi qu'une activité de fusions-acquisitions qui explose de 90% par rapport à 2025.

Le bénéfice par action a presque doublé, à 20,98 USD contre 10,91 USD un an plus tôt, tandis que le produit net bancaire a bondi de 39% à 20,34 MdsUSD, soit 25% de plus que prévu.

Inversement, IBM, qui a publié par surprise ses résultats avec 10 jours d'avance, dévisse de -25%, soit la pire chute de son histoire, à la suite d'un profit warning, l'activité "logiciels" étant plombée par les investissements massifs dans les semi-conducteurs, ce qui réduit les achats dans d'autres domaines.

Cette journée était également marquée par la première prestation de Kevin Warsh devant une commission du Congrès : il s'agit du fameux témoignage biannuel, dont il a profité pour annoncer que la FED entrait dans une "nouvelle ère".

Il n'est pas question que l'inflation prenne de vitesse les autorités monétaires (une pierre dans le jardin de Jerome Powell), alors que les investissements, notamment dans l'IA, accélèrent fortement.

Le marché du travail se montre "remarquablement résilient" et les marchés financiers semblent afficher une santé éclatante... mais Kevin Warsh souhaiterait que la croissance repose sur une "base plus large" et que les prix s'assagissent.

A ce sujet, le Département du travail a annoncé que l'indice des prix à la consommation (CPI) s'était contracté de 0,4% le mois dernier, après une hausse de 0,5% en mai, alors que les économistes attendaient un repli de seulement 0,1%. Sur un an, cela porte la décélération du CPI à 3,5%, après 4,2% le mois précédent et un consensus à 3,8%.

La nette décrue des prix du pétrole, liée à l'anticipation d'une réouverture d'Ormuz (accord d'Islamabad conclu il y a 1 mois, jamais respecté et désormais moribond avec les récents "incidents"), y est pour beaucoup.