Hermès Int., moins de croissance, moins de prime information fournie par Investir 03/11/2026 à 09:00
L'accueil du marché n'a pas été beaucoup plus clément le 22 octobre que pour les résultats semestriels fin juillet, l'action du sellier retombant à ses niveaux d'il y a quatre ans, divisée par 2,3 par rapport à son record de février 2025. Hermès a été sanctionné pour la décélération de sa croissance, qui s'est accentuée durant l'été. Son chiffre d'affaires a progressé de 4,3 % à devises constantes (les analystes espéraient plus de 5 %), contre 6,1 % au premier semestre et près de 10 % en 2025.
Sur les neuf premiers mois de l'année, l'augmentation du chiffre d'affaires, arrêté à 12,3 milliards d'euros, se voit ramenée à 5,5 % en comparable et à 2,9 % à taux de change courants.
La Chine en cause
Sans surprise, la décélération provient en partie de la Chine. Encore en croissance de 2,4 % au 30 juin (à devises constantes), la vaste zone Asie (hors Japon, mais 42 % des revenus totaux) est restée stable durant les trois mois d'été. Comme l'a expliqué Eric du Halgouët, le directeur général finances, «la baisse de l'immobilier et des marchés financiers, la perte de confiance des consommateurs et la nouvelle loi fiscale qui consiste à taxer de 20 % les patrimoines offshore, avec une rétroactivité sur trois ans», ont créé un mauvais cocktail.
Cela, surtout «pour les métiers de volume, la mode, les chaussures et l'horlogerie», plus sensibles à un moindre trafic dans les magasins que la maroquinerie et la bijouterie en argent et la haute joaillerie, a ajouté le dirigeant.
Si un ralentissement a été constaté aussi aux Etats-Unis (+ 8,8 %), où la base de comparaison était élevée (+ 14 % de juillet à septembre 2025), l'Europe a favorablement surpris. La France (+ 3,6 %) est à la traîne, freinée par la canicule et l'arrivée tardive des clients du Moyen-Orient dans les boutiques parisiennes, mais l'Europe (+ 9,5 %) s'est avérée bien orientée grâce aux pays du Sud et au Royaume-Uni, où un nouveau - et grand - magasin a ouvert en juin sur New Bond Street. Son succès «dépasse nos attentes», s'est réjoui Eric du Halgouët. Par métiers, la Maroquinerie, qui assure près de la moitié du chiffre d'affaires d'Hermès, a vu sa croissance s'accentuer au troisième trimestre, à 10,8 %, après 9,8 % sur six mois. En revanche, les Vêtements et Accessoires (27 % des revenus) ont déçu, en baisse de 2 % durant l'été, après une légère amélioration (+ 2 %) à mi-année.
Le groupe ne donne jamais d'objectifs annuels, mais le directeur général a précisé qu'octobre ne montrait pas de rupture de tendance et qu'il était prématuré d'estimer l'incidence sur l'activité des violences en France.
Nous conseillons de conserver la valeur. Le groupe reste en croissance, et en particulier son métier phare, la maroquinerie, mais le troisième trimestre a confirmé la décélération, ce qui justifie moins, aux yeux des investisseurs, la prime en Bourse dont elle bénéficie encore. Objectif de cours: 1.500 €.
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