Hausse en Europe avant la BCE, instabilité persistante au Moyen-Orient
information fournie par Zonebourse 11/06/2026 à 12:10

A mi-séance ce jeudi, les Bourses européennes progressent avant la décision de la BCE à 14h15. Elles virent au vert, dans un contexte d'escalade des tensions au Moyen-Orient. L'Iran confirme la fermeture totale du détroit d'Ormuz, après les dernières frappes des États-Unis. L'armée américaine a démenti hier cette affirmation. Vers 12h, le CAC 40 gagne 0,83% dépassant à nouveau la barre des 8 200 points, à 8 229,64. L'Euro Stoxx 50 s'adjuge 0,84% à 6 060,37 points.

"Les navires commerciaux continuent de transiter par le détroit d'Ormuz ce soir, a écrit le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

Les États-Unis ont annoncé hier soir avoir repris leurs frappes contre l'Iran après les propos de Donald Trump qui a accusé Téhéran de se "moquer" de son pays. L'armée américaine a déclaré avoir lancé à 17h15 (heure de Washington) de nouvelles frappes en légitime défense contre plusieurs cibles en Iran, selon le Commandement militaire pour le Moyen-Orient (Centcom).

Suite à une nouvelle nuit de bombardements par les Américains, le ministère des Affaires étrangères iranien a souligné dans un communiqué que " les attaques illégales et criminelles perpétrées par les États-Unis ces dernières heures constituent non seulement une violation flagrante de la Charte des Nations unies [...], mais rendent également le cessez-le-feu pratiquement dénué de sens".

Par ailleurs, ce jeudi, l'armée iranienne a annoncé qu'elle ciblera tout navire transitant dans le détroit d'Ormuz, la marine du pays informant pour sa part avoir frappé deux bateaux qui essayaient de franchir ce passage stratégique.

Dans ce contexte géopolitique très pesant, les cours du pétrole continuent de fluctuer. Ils repartent à la baisse : le Brent perd 2,66% à 92,47 dollars, le WTI recule de 2,4% à 89,69 USD.

Berenberg réduit ses objectifs sur LVMH, Hermès et Kering

Dans l'actualité des sociétés cotées, les valeurs du luxe à Paris (LVMH, Hermès et Kering) progressent alors que Berenberg a annoncé jeudi avoir nettement revu à la baisse ses objectifs de cours sur les grands fabricants de produits de luxe européens, dont ces trois groupes français et dont les valorisations sont jugées "à risque". La banque allemande indique avoir ramené sa cible sur LVMH, le géant du secteur, de 560 à 420 euros tout en maintenant sa recommandation à conserver sur le titre.

Berenberg réduit par ailleurs son objectif sur Hermès de 2 600 à 1 850 EUR, mais continue d'acheter le titre. Sa cible sur Kering, toujours conseillé à la vente, passe de 190 à 175 EUR. Dans sa note d'analyse, l'établissement basé à Hambourg est pessimiste sur les perspectives du secteur. Dans une optique de moyen terme, Berenberg explique plutôt tabler sur un taux de croissance annuelle de l'ordre de 3 à 4%, loin des 6 à 7% actuellement envisagés par le consensus.

Edenred ( 0,45%) progresse après que Jefferies a relevé ses prévisions sur le groupe avant la publication de ses résultats du deuxième trimestre. Le broker a rehaussé les objectifs de la plateforme digitale de services et de paiements en raison de la maîtrise des coûts, à la conjoncture favorable du marché des carburants et à l'amélioration des revenus de flotte. Pour le deuxième trimestre, Jefferies anticipe une baisse de 2% du chiffre d'affaires opérationnel à périmètre comparable, à 678 millions d'euros, en hausse de 1% par rapport aux prévisions.

En revanche, Figeac Aéro (-3,22%) recule en dépit de solides résultats annuels sur l'exercice 2025-2026. Son chiffre d'affaires s'élève à 486,8 MEUR, en croissance organique de 15,8% (12,6% en données publiées) sur un an. Il ressort en ligne avec l'objectif annuel fixé entre 470 et 490 MEUR. L' EBITDA courant est en hausse de 13,1% (24,0% hors impact du change), en ligne avec l'évolution du chiffre d'affaires, pour atteindre 78,6 MEUR, soit dans la fourchette d'objectif fixé en début d'exercice (pour rappel, entre 77 et 83 MEUR).

En Europe, Hugo Boss a reçu une offre émanant de Frasers Group, le groupe de distribution britannique détenu par le milliardaire Mike Ashley. Ce dernier a annoncé hier soir le lancement d'une offre à 38 euros par action pour acquérir les quelque 74% du capital d'Hugo Boss qu'il ne détient pas encore, valorisant le groupe allemand de prêt-à-porter haut de gamme autour de 2,7 milliards d'euros. Suite à cette information, à la Bourse de Francfort, le titre Hugo Boss grimpe de 9%. Il s'agit de la plus forte hausse de l'indice MDAX des moyennes capitalisations germaniques. A Londres, l'action Frasers avance de près de 3%.

Cap sur la BCE

Cet après-midi à 14h15, la décision de politique monétaire de la BCE sera le grand rendez-vous attendu par les investisseurs. Elle devrait relever ses taux de 25 points de base. Sur ce point, Christophe Boucher, directeur des investissements chez ABN Amro IS considère qu'"une hausse des taux directeurs lors de la réunion apparaît désormais comme un scénario quasiment acquis. En revanche, la trajectoire de la politique monétaire au-delà de cette réunion reste beaucoup plus incertaine. Les nouvelles projections macroéconomiques de la BCE, qui seront publiées à cette occasion, constitueront un indicateur clé pour évaluer l'orientation future de l'institution".

Il ajoute que "la BCE accorde une attention particulière à l'évolution des anticipations d'inflation, qui constituent un élément important de son processus décisionnel. Toutefois, nous estimons que cet indicateur présente des limites et ne constitue pas, à lui seul, une base suffisamment fiable pour justifier des ajustements significatifs de politique monétaire".