Guerre au Moyen-Orient et détroit d'Ormuz : le péage est préférable au blocage, estime le patron de Totalenergies
information fournie par Boursorama avec Media Services 14/04/2026 à 11:51

"Si cette guerre et ce blocus durent plus de trois mois, nous commencerons à faire face à de sérieux problèmes d'approvisionnement pour certains produits" pétroliers, a prévenu Patrick Pouyanné.

Patrick Pouyanné à Washington, aux États-Unis, le 13 avril 2026. ( AFP / MANDEL NGAN )

La guerre au Moyen-Orient bouleverse le marché mondial du pétrole , le blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran -et désormais par les États-Unis-, immobilisant un cinquième de la production mondiale. La réouverture de cette voie maritime est cruciale, a insisté lundi 13 avril le patron du groupe français TotalEnergies, Patrick Pouyanné, "même si cela implique de verser une compensation".

"Il est clair que la réouverture et la libre circulation dans le détroit d'Ormuz, même si cela implique de verser une compensation à qui que ce soit, est cruciale (...) pour la liberté du marché", a déclaré Patrick Pouyanné lors d'une conférence à Washington, en marge des rencontres de printemps du FMI et de la Banque mondiale.

Depuis le premier jour de guerre au Moyen-Orient, la navigation dans le détroit d'Ormuz -où transite habituellement 20% du pétrole et du gaz consommés dans le monde- est paralysée. Seuls quelques navires, en majorité liés à l'Iran, ont emprunté ce couloir stratégique pour les exportations d'hydrocarbures du Golfe.

Blocus additionnel des États-Unis

Le blocus additionnel décidé par le président américain Donald Trump sur les ports iraniens, et entré en vigueur lundi, ajoute "une couche supplémentaire de moindre liquidité sur le marché", déjà en mal de barils, a jugé Patrick Pouyanné. Ce qui explique, selon lui, la forte remontée des cours de l'or noir observée lundi.

Le patron de TotalEnergies a aussi relevé le caractère illégal du droit de passage imposé par Téhéran dans le détroit, qu'il estime à un dollar par baril.

Mais pour lui, "le vrai problème c'est la menace" qui pèse sur la circulation dans le détroit, plus qu'un quelconque péage.

Au contraire de l'Asie, les pays occidentaux disposent de "plus ou moins trois mois de stocks" susceptibles d'amortir la crise pétrolière, a-t-il assuré. "Mais si cette guerre et ce blocus durent plus de trois mois, nous commencerons à faire face à de sérieux problèmes d'approvisionnement pour certains produits comme le kérosène, ce qui obligera à rationner les avions, ou le diesel", a encore dit Patrick Pouyanné.