Greer exhorte le G20 à soutenir la politique douanière de Trump information fournie par Reuters 01/10/2026 à 06:01
* Le responsable américain du commerce demande aux ministres du Commerce du G20 de ne pas instrumentaliser le commerce alimentaire
* « Il faut réexaminer le système tarifaire mis en place après la Seconde Guerre mondiale », déclare Greer
* Le Canada entend profiter du forum du G20 pour faire avancer ses accords commerciaux avec des pays autres que les États-Unis
par David Lawder
Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a appelé mercredi les économies du G20 à s'abstenir de toute mesure coercitive en matière de commerce alimentaire, à s'attaquer à la surcapacité industrielle et à réexaminer le système de tarifs douaniers en vigueur depuis la Seconde Guerre mondiale.
Dans son discours d'ouverture de la réunion des ministres du Commerce du G20, Jamieson Greer a exposé les objectifs de l'administration Trump, qui visent à relancer l'industrie manufacturière américaine par le biais de droits de douane, d'accords commerciaux et de mesures destinées à sécuriser les chaînes d'approvisionnement essentielles.
L'ordre du jour de cette réunion, organisée sous l'égide des Etats-Unis, s'inscrit dans la lignée de la stratégie de l'administration américaine, qui consiste à utiliser cette tribune pour mettre l'accent sur les subventions industrielles chinoises, les surcapacités et les politiques économiques non conformes aux principes du marché.
Lors d'une réunion des ministres des Finances du G20 qui s'est tenue au début du mois de septembre à Asheville, en Caroline du Nord, tous les pays membres, à l'exception de la Chine, sont convenus de prendre des mesures contre les politiques économiques "non conformes aux principes du marché" et les distorsions commerciales qui entraînent une dépendance excessive vis-à-vis des exportations.
La Chine a rejeté les allégations selon lesquelles ses politiques industrielles auraient créé des surcapacités, et accuse les pays occidentaux d'utiliser cette question pour justifier des mesures protectionnistes.
"Lorsque des politiques et des pratiques non conformes aux principes du marché permettent à la production de dépasser largement la demande intérieure, les conséquences se répercutent au-delà des frontières", a déclaré mercredi Jamieson Greer. "La surproduction envahit les marchés mondiaux, exerçant une pression sur les producteurs et les travailleurs ailleurs."
Jamieson Greer a également critiqué la clause de la "nation la plus favorisée" (dite clause "NPF"), pierre angulaire de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), qui sous-tend un système commercial mondial fondé sur l'égalité de traitement entre les membres.
Au cours des deux mandats de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, l'administration américaine a affaibli cette clause en imposant des droits de douane spécifiques contre de nombreux pays.
"La clause de la nation la plus favorisée, en particulier lorsqu'elle est appliquée sans condition, limite la capacité des économies à réagir efficacement aux politiques génératrices de distorsions et à s'adapter à l'évolution des conditions du marché", a dit Jamieson Greer.
Il a ajouté que les mesures prises par certains pays pour restreindre les exportations de denrées alimentaires, d'intrants agricoles et d'autres produits agricoles entraînent de "graves conséquences" pour les économies du monde entier.
Jamieson Greer a également cherché à justifier les droits de douane imposés par les Etats-Unis à 59 pays et à l'Union européenne (UE) en raison d'allégations de laxisme dans la lutte contre le travail forcé, affirmant que cela conférait un avantage artificiel en matière de prix et sapait la confiance dans le système commercial mondial.
(David Lawder à Milwaukee, avec Promit Mukherjee à Ottawa; version française Camille Raynaud)