* Primes de risque des principaux marchés actions:
* link.reuters.com/mum95s
* Primes de risque zone euro-Etats-Unis : http://bit.ly/2bUt2hF
par Sudip Kar-Gupta
LONDRES, 7 septembre (Reuters) - La prime de risque sur les
actions de la zone euro est à des niveaux proches de ceux
atteints lors de la crise financière de 2008 ou au début de la
crise des dettes souveraines en 2011, et bien au-dessus de celle
du marché américain.
Elle s'établit un peu au-dessus de 8% contre environ 5% pour
les actions américaines qui ont inscrit de nouveaux plus hauts
records cette année alors que les actions européennes sont
globalement en baisse depuis le début de l'année.
La prime de risque mesure l'écart de rémunération que les
investisseurs espèrent du rendement du dividende et de la hausse
des cours par rapport aux taux obligataires, actuellement à des
plus bas records.
Son niveau plus élevé pour les actions de la zone euro
montre que les investisseurs attendent un rendement plus élevé
de leur pari sur les entreprises d'une économie dont les
performances font pâle figure par rapport à celle des
Etats-Unis.
La prime de risque sur les actions de la zone euro était
tombée à 5% environ en 2009 avec le rebond des Bourses après
leur plongeon provoqué par la crise financière de 2008.
Elle a bondi de 8% à 14% au cours de l'année 2011 en pleine
crise des dettes souveraines au sein de la zone euro. Sur les
douze derniers mois, elle est passée de 6% à 8%.
"Si l'assouplissement monétaire a soutenu les marchés
obligataires de la zone euro avec une baisse des spreads de
crédit, la transmission sous forme d'un abaissement de la prime
de risque a été beaucoup moins convaincante", a dit Patrick
Moonen, stratégiste pour la gestion diversifiée de NN Investment
Partners, qui privilégie les actions américaines par rapport aux
européennes actuellement.
"Un cadre institutionnel qui laisse à désirer, un système
bancaire plombé, de l'incertitude politiques et le Brexit, tout
cela explique la réticence des investisseurs à acheter des
actions de la zone euro. S'y ajoute une croissance des bénéfices
au sein de la zone euro inférieure à celle qui prévaut aux
Etats-Unis, à l'exception de 2015", a-t-il ajouté.
Les bénéfices des entreprises de l'indice pan-européen Stoxx
600 .STOXX devraient s'inscrire en repli de 7,8% selon les
données compilées par Thomson Reuters. Par comparaison, ceux des
entreprises américaines ne devraient se contracter que de 2,2%.
Pour Hartwig Kos, co-responsable de la multigestion de la
banque suisse SYZ, la prime de risque plus élevée en zone euro
est le reflet de valorisations plus attrayantes.
Il souligne la "faiblesse marquée des valorisations dans
certains segments des marchés européens", en particulier le
secteur bancaire où Deutsche Bank DBKGn.DE et Credit Suisse
CSGN.S sont tombés à des plus bas records tandis que les
banques italiennes restent plombées par les inquiétudes
persistantes sur la qualité de leur bilan.
François Savary, responsable des investissements de Prime
Partners, a une interprétation beaucoup moins favorable du
niveau élevé de la prime de risque sur les actions européennes,
estimant qu'elle ne constitue pas un signal d'achat.
"Dans un monde de répression financière et d'abondance de
liquidités, les primes sont faussées, c'est le moins qu'on
puisse dire. Si l'on raisonne en termes économiques, avec une
croissance faible et pas d'inflation, ce qui en passant veut
dire encore plus d'assouplissement quantitatif, le message
envoyé par une prime de risque élevé n'a rien de convaincant",
a-t-il dit.
(Marc Joanny pour le service français, édité par Véronique
Tison)