Glencore et Rio Tinto en discussion pour former le plus grand groupe minier du monde information fournie par Boursorama avec AFP 09/01/2026 à 15:50
Le géant minier suisse Glencore et son concurrent anglo-australien Rio Tinto ont annoncé vendredi être en discussions pour une fusion qui pourrait donner naissance à la plus grande entreprise du secteur, un an après l'échec de précédents pourparlers.
En combinant leurs forces, les deux entreprises renforceraient leur capacité à acquérir des ressources en cuivre, un métal dont la demande explose avec la montée des dépenses de défense, le développement des énergies renouvelables et la croissance des centres de données liés à l'IA.
Ces pourparlers avaient initialement été révélés jeudi par le Financial Times, avant la confirmation par Glencore de "discussions préliminaires" en vue d"un possible rapprochement d'une partie ou de toutes" les activités des deux groupes.
Vendredi matin à la Bourse de Londres, le cours du groupe basé en Suisse gagnait près de 10% tandis que celui de Rio Tinto reculait d'environ 2,5%.
Cette forte divergence "suggère que le marché estime que Glencore serait le principal bénéficiaire d'un accord", selon Russ Mould, analyste chez AJ Bell.
Glencore dit s'attendre à ce qu'un éventuel rapprochement se fasse via un rachat par Rio Tinto --qui a confirmé les négociations dans un communiqué séparé.
5 février
L'opération, qui ferait émerger une compagnie valorisée à 260 milliards de dollars (223 milliards d'euros), pourrait se concrétiser sous la forme d'une fusion entièrement en actions, précise le groupe.
Il y a un an, de précédents pourparlers sur un projet de fusion avaient échoué en raison de divergences entre les deux géants.
Glencore et Rio Tinto insistent d'ailleurs l'un et l'autre sur le fait qu'"aucune certitude" n'existe quant à l'issue des discussions. Rio Tinto devra indiquer d'ici le 5 février s'il souhaite présenter une offre.
Le directeur général de Glencore, Gary Nagle, avait présenté en décembre des plans visant à faire du groupe l'un des plus grands producteurs de cuivre au monde.
Mais alors que Rio Tinto ou Anglo American se désengagent du charbon, Glencore défend âprement sa décision de conserver ses mines pour des raisons de trésorerie, et avait annoncé en août qu'il renonçait à scinder cette activité du reste du groupe.
"L'activité charbon soutient les besoins énergétiques d'aujourd'hui, à mesure que nous opérons la transition dans le monde", en investissant dans des matières premières comme le cuivre ou le cobalt, avait-il alors défendu.
Selon les analystes de CreditSights, "d'un point de vue stratégique, Rio Tinto pourrait être intéressé par les actifs cuivre de Glencore", en phase avec sa nouvelle stratégie présentée mi-décembre.
"Clivage culturel"
Mais "sur le plan culturel, Rio Tinto est traditionnellement considéré comme une entreprise conservatrice et axée sur la stabilité, tandis que Glencore est connu pour son approche agressive et sa volonté constante de repousser les limites dans ses activités", ajoutent-ils.
"Ce clivage culturel pourrait poser des défis en matière d'intégration et de prise de décision si une fusion devait avoir lieu", estiment encore ces observateurs.
La poursuite de son activité charbonnière a valu à Glencore de nombreuses critiques tant de la part d'organisations environnementales que d'investisseurs, qui ne veulent plus détenir des parts dans des entreprises exposées à cette matière première.
En novembre dernier, le géant minier australien BHP avait renoncé à son projet de rachat de son rival britannique Anglo American, ce qui aurait donné naissance au plus grand groupe mondial d'exploitation du cuivre.
Anglo American est aujourd'hui en passe d'obtenir le feu vert des autorités européennes pour fusionner avec le canadien Teck Resources, une opération qui mettrait la pression sur les autres acteurs du secteur.
Porté par l'explosion de la demande, le prix du cuivre bat record sur record ces dernières semaines, dépassant même pour la première fois la barre des 13.000 dollars la tonne sur le marché des métaux londonien.