GESTION-UBS écarte le pire comme le meilleur sur le commerce
information fournie par Reuters 10/10/2019 à 12:44

    par Patrick Vignal
    PARIS, 10 octobre (Reuters) - Le conflit commercial entre
les Etats-Unis et la Chine ne va pas prendre fin cette semaine
mais le scénario du pire devrait être évité, dit-on chez UBS.
    Un accord global entre les deux camps est peu probable mais
un échec total n'est pas non plus l'hypothèse la plus
vraisemblable, a dit jeudi à Reuters Philippe Müller,
responsable des thématiques d'investissement chez UBS Wealth
Management.
    Les plus hauts responsables américains et chinois en charge
de ce dossier, qui pèse sur les marchés depuis un an et demi, se
retrouvent à Washington pour la première fois depuis fin juillet
pour une session de négociations censée durer deux jours.
    Donald Trump a évoqué mercredi "de grandes chances" de
conclure un accord mais le ton est moins optimiste en Chine:
sous couvert de l'anonymat, un responsable chinois informé des
préparatifs des discussions a estimé que parvenir à un compromis
ne serait "pas une tâche facile".
    Un avis que partage UBS, qui évalue à 15% la probabilité
d'un accord comprenant le retrait des droits de douane déjà mis
en place ou l'abandon de ceux qui doivent encore entrer en
vigueur. 
    Dans ce scénario, qui permettrait la poursuite du dialogue
entre les deux camps, les actions mondiales pourraient gagner
jusqu'à 10% sur les six prochains mois, selon les estimations de
la banque suisse.
    Le scénario du pire, avec une absence totale d'accord et la
taxation à 35% par les Etats-Unis de toutes les importations en
provenance de Chine, a une probabilité estimée à 35% par UBS.
    
    UN AFFRONTEMENT APPELÉ À DURER
    Dans ce cas de figure, l'économie américaine pourrait entrer
en récession et une crise économique mondiale serait probable.
Les actions mondiales baisseraient pour leur part de 15 à 20%
sur les six mois à venir.
    Reste le scénario médian, dans lequel la perspective d'une
taxation maximale serait repoussée mais pas écartée. 
    "La probabilité de ce scénario, selon nous, est désormais de
50%", explique Philippe Müller. "Les incertitudes persisteraient
et les actions demeureraient au mieux stables sur les six
prochains mois. Au pire, elles reculeraient de 5%."
    Pour le stratège d'UBS, le conflit actuel dépasse largement
le cadre du commerce et s'apparente plutôt à une lutte pour la
suprématie, appelée à durer, entre les deux premières économies 
du monde.
    "Ce n'est pas simplement une guerre commerciale ; il y a
aussi les monnaies, la technologie, et des enjeux beaucoup plus
complexes, géostratégiques", dit-il.
    "Un accord temporaire sur le commerce apporterait un
soulagement pour les marchés et une stabilisation pour
l'économie mais ne résoudrait pas le problème de fond. Il
pourrait y avoir une solution partielle mais les grands débats
vont rester."
    Si le pire semble pouvoir être évité dans l'immédiat, le
commerce restera un risque majeur pour les marchés et continuera
de peser sur les perspectives de l'économie mondiale, selon
Philippe Müller. 
    Dans ce contexte, UBS recommande aux investisseurs de gérer
leur portefeuille de manière disciplinée en se concentrant sur
les placements caractérisés par la qualité et les rendements, au
détriment des actifs les plus sensibles au cycle économique.
    UBS sous-pondère légèrement les actions, avec une préférence
pour les américaines au détriment de celles de la zone euro, et
surpondère légèrement les obligations en recommandant notamment
le crédit à haut rendement et la dette souveraine émergente en
monnaie forte.
    

 (Edité par Marc Angrand)