GESTION-Le scénario d'une récession est prématuré mais un ralentissement économique inévitable-JPMorgan information fournie par Reuters 21/06/2023 à 17:30
PARIS, 21 juin (Reuters) - Après une performance à deux chiffres des marchés actions en début d'année, JPMorgan Asset Management estime que les performances devraient se tasser sur le second semestre alors que le ralentissement de l'économie parait inévitable.
L'économie mondiale, qui échappe à la récession grâce notamment à la vigueur des services, a bénéficié depuis le début d'année de trois grands facteurs : la résilience de la consommation, de l'investissement des entreprises et une politique fiscale favorable.
Mais ces deux derniers éléments risquent ne plus jouer un rôle moteur dans les prochains mois, a déclaré Vincent Juvyns lors d'une présentation mercredi. Le stratégiste de JPMorgan AM juge "un ralentissement conjoncturel inévitable" dans les trimestres à venir mais parler de récession est "prématuré".
Les répercussions de la crise bancaire de mars se font toujours sentir. Aux Etats-Unis, 40% des institutions financières signalent toujours resserrer leurs conditions d'octroi de crédit ; un phénomène visible également sur les autres marchés développés, poursuit-il.
En outre, pour parvenir à un accord sur le relèvement de la dette aux Etats-Unis, le parti démocrate a du faire des concessions budgétaires.
"Le quoi qu'il en coûte est fini. Il faut s'attendre à ce que la politique budgétaire du gouvernement soutienne moins l'économie dorénavant", souligne Vincent Juvyns. Sur le Vieux continent, ce risque existe et reste sous-estimé par les marchés.
"Si l'Europe au niveau supra-national continue de soutenir l'investissement notamment dans la transition énergétique, les Etats membres seront un peu plus austères", d'après l'expert.
En revanche, la consommation devrait bien tenir des deux côté de l'Atlantique. La baisse des prix énergétiques stimule la confiance des ménages tandis que le consommateur américain dispose toujours de l'épargne constituée pendant la pandémie et que les plus bas revenus ont bénéficié des revalorisations salariales les plus importantes.
Par ailleurs, "la hausse des taux américains a eu peu d'impact sur ses finances car son endettement est essentiellement à taux fixe", précise Vincent Juvyns.
Le scénario d'un "hard landing" (une forte récession, ndlr) aux Etats-Unis n'est donc pas à l'ordre du jour, dit-il, grâce à la résilience de la consommation et du marché du travail.
Le curseur de JPMorgan sur les actions passe de "sous-pondérer" à "neutre", sans pour autant parier sur une réédition des performances des six premiers mois. "Les investisseurs ont intérêt à ne pas être trop décalés par rapport aux marchés"
"On souhaite se désensibiliser de la direction des marchés, on pense qu'il est intéressant d'être sur une stratégie long-short (combinaison de positions acheteuses et vendeuses, ndlr), de dividende (...) et essayer d'investir sur des thématiques non liées aux cycles économiques comme la transition énergétique".
(Laetitia Volga, édité par Kate Entringer)