* BAML voit le S&P 50 à 2.800 points fin 2018
* Mais elle s'attend à une correction en cours d'année
* L'inflation devrait s'accélérer aux Etats-Unis
* Les investisseurs devront être plus sélectifs sur les
émergents
PARIS, 6 décembre (Reuters) - Les performances des actions
devraient une nouvelle fois dépasser celles des emprunts d'Etat
en 2018, estime Bank of America Merrill Lynch (BAML) mercredi,
qui table sur une progression "modeste" de Wall Street tout en
prévenant que le rally boursier en cours s'approche de son
terme.
Les équipes de la banque américaine misent sur un indice
Standard & Poor's 500 .SPX à 2.800 points fin 2018, soit une
progression de près de 6,5% par rapport à son niveau actuel.
Mais la progression ne sera pas linéaire, préviennent-elles:
"Un pic du S&P 500 à 2.863 est prévu début 2018 et le Nasdaq
Composite .IXIC pourrait atteindre 8.000 points, avant une
correction de 10% ou plus suivie par une croissance plus lente
pendant le reste de l'année".
"Nous sommes entrés dans la dernière phase d'un long marché
haussier", prévient Candace Browning, directrice de la recherche
du groupe américain. "L'histoire suggère que les meilleurs
rendements peuvent survenir à la fin des marchés haussiers."
"A la hausse sur les actions, à la baisse sur les
obligations, à l'achat sur le dollar et sur la volatilité", BAML
note aussi que si les actions surperforment les obligations pour
une septième année consécutive en 2018, "ce sera la première
fois depuis 1928 et la troisième fois seulement depuis 220 ans".
La banque, qui table sur une croissance mondiale à 3,8% l'an
prochain après 3,7% cette année, et de 2,4% aux Etats-Unis après
2,2% attendu pour 2017, estime que le rendement à dix ans
américain US10YT=RR pourrait atteindre 2,85% au premier
trimestre et se rapprocher de 3% d'ici un an, en soulignant que
"le marché pourrait sous-estimer l'impact de la réforme fiscale
américaine".
L'INFLATION, "SUJET MAJEUR" POUR 2018
Elle précise qu'une entrée en vigueur de cette réforme
pourrait contribuer à hauteur de 0,3 point de pourcentage à la
croissance américaine en 2018 puis en 2019, faire tomber le taux
de chômage à 3,9% et permettre une remontée de l'inflation,
qu'elle s'attend à voir devenir "le sujet majeur de l'année,
particulièrement aux Etats-Unis".
La banque table sur une inflation de base ("core") à 1,8%
fin 2018 et 2% fin 2019 et souligne que la hausse des salaires
pourrait être "le facteur le plus important pour le marché
actions en 2018 via les pressions sur les marges et les spreads
de crédit".
La zone euro devrait toutefois rester à l'écart de ce
mouvement avec une inflation de base prévue à 1,2% seulement
d'ici la fin de l'an prochain.
Parallèlement, un contexte général conjuguant hausse des
taux américains, appréciation du dollar, "tapering" de la BCE et
ralentissement en Chine devrait desservir les marchés émergents
et obliger les investisseurs à se montrer plus sélectifs,
prévient Bank of America Merrill Lynch.
Ses équipes restent néanmoins à l'achat sur les actions
émergentes et tablent même sur un doublement des marchés actions
émergents d'Asie sur les deux prochaines années.
Concernant le seul marché actions américain, BAML privilégie
pour 2018 les grosses capitalisations sur les petites et
favorise les valeurs offrant des perspectives d'augmentation du
dividende sur celles proposant déjà un rendement du dividende
élevé.
Elle continue de surpondérer le secteur américain des hautes
technologies "en dépit de valorisations élevées et de
comportements caractéristiques d'une bulle", ainsi que ceux des
matières premières et de la finance. A l'opposé, elle
sous-pondère l'immobilier, les biens de consommation non
contrainte et les services aux collectivités.
(Marc Angrand, édité par Blandine Hénault)