Geberit prudent pour l'environnement économique malgré un léger mieux attendu dans le bâtiment information fournie par Boursorama avec AFP 12/03/2026 à 15:07
Le fabricant d'équipements sanitaires Geberit s'attend à une légère croissance du bâtiment en Europe en 2026 sans pour autant parler de reprise, mais se montre prudent face à un environnement économique plus difficile à évaluer depuis le conflit au Moyen-Orient.
Cette région ne représente "que 3%" du chiffre d'affaires du groupe suisse, qui n'y possède pas d'usine et y emploie seulement 70 personnes, principalement à Dubaï, a indiqué jeudi son directeur général, Christian Buhl, lors d'une conférence à Zurich pour les résultats annuels du groupe.
Mais les "incertitudes macro-économiques" se sont "significativement accrues", ce qui rend "très difficiles" les prévisions "pour l'inflation, les taux d'intérêts et le moral des consommateurs, qui sont des facteurs importants pour le secteur de la construction", a-t-il ajouté.
Sur la base des permis de construire, qui se sont stabilisés en 2025, le groupe - qui fabrique des toilettes, vasques de salle de bain et systèmes de canalisation - s'attend à "une légère croissance du marché", mais "pas encore à une reprise plus large", a-t-il précisé.
Le groupe n'a pas encore publié d'objectifs chiffrés. Il les dévoile habituellement en milieu d'année, lors de la publication de ses résultats du premier semestre.
Son patron a cependant d'ores et déjà prévenu que les prix vont augmenter de 5% à partir du 1er avril pour les canalisations en cuivre.
La décision a été prise "avant" le début des frappes en Iran, a-t-il insisté, afin de refléter la forte hausse du métal rouge au cours des derniers mois.
Il est en revanche "trop tôt" pour prendre des décisions sur la base du conflit au Moyen-Orient, juge-t-il. Durant les deux dernières semaines, le groupe a observé un impact sur les coûts de l'énergie et de certains plastiques.
"Pour tout le reste, nous ne voyons pas encore d'impact direct" et il y a "trop de volatilité et d'incertitude" pour évaluer les répercussions et décider si d'autres augmentations de prix seront nécessaires ou non, selon lui.
Geberit avait déjà publié son chiffre d'affaires annuel en janvier, en hausse de 2,5% sur un an, à 3,16 milliards de francs suisses (3,5 milliards d'euros).
Jeudi, il a publié son bénéfice net. En raison des frais de fermeture d'une usine en Allemagne, il n'a progressé que 0,1%, à 598 millions de francs, en-deçà des prévisions. Les analystes interrogés par l'agence suisse AWP l'attendaient en moyenne à 604,6 millions de francs.
A 12H36, l'action perdait 1,83% à 553,50 francs suisses, alors que le SMI, l'indice-phare de la Bourse suisse, cédait 0,73%.
Les résultats de Geberit sont très suivis des analystes financiers pour prendre le pouls du bâtiment en Europe, où il réalise près de 89% de son chiffre d'affaires. Ils donnent un aperçu de la demande dans la construction puisque le groupe équipe aussi bien des résidences individuelles que des bâtiments publics comme des stades, hôpitaux, écoles ou musées.