LONDRES, 10 janvier (Reuters) - Les distributeurs
britanniques ont vu leurs ventes stagner pendant la période de
Noël pour la première fois depuis la crise financière il y a dix
ans, montre une enquête publiée jeudi par le British Retail
Consortium (BRC), principale fédération du secteur, une
déception qui nourrit les inquiétudes pour l'économie à
l'approche du Brexit.
La consommation des ménages semble donc marquer le pas après
un été dynamique, les incertitudes liées à la sortie du
Royaume-Uni de l'Union européenne l'emportant sur le
ralentissement de l'inflation et la hausse des salaires.
La stagnation des ventes en décembre enregistrée par le BRC
est intervenue après une croissance de 0,5% sur un an en
novembre. En décembre 2017, les ventes du secteur avaient
progressé de 1,4% sur un an.
Les ventes à données comparables, qui excluent les
changements de surfaces de ventes, ont quant à elles diminué de
0,7%, leur plus forte baisse depuis octobre 2017.
"Cela s'est produit en dépit des efforts désespérés des
distributeurs pour favoriser les ventes par le biais de baisses
de prix qui ne semblent pas encourager les acheteurs", a déclaré
Paul Martin, associé du cabinet KPMG, partenaire de l'enquête.
Une autre étude sur les dépenses de consommation publiée par
Barclaycard montre que la consommation n'a augmenté que de 1,8%
en décembre après une croissance de 3,3% en novembre.
Ce chiffre est le plus faible enregistré depuis mars 2016 et
équivaut à une contraction en données réelles une fois retraité
de l'inflation.
Avant la publication de ces études, plusieurs distributeurs
avaient déjà fait état de ventes décevantes sur les dernières
semaines de l'année: les supermarchés Sainsbury's SBRY.L et
Morrison MRW.L ont réalisé des performances inférieures à
leurs prévisions et l'enseigne de magasins de chaussures de
sport Footasylum FOOT.L a dit avoir enregistré les pires
conditions d'activité depuis plusieurs années.
La chaîne d'habillement Next NXT.L et les grands magasins
John Lewis ont toutefois fait état d'une forte hausse de la
demande.
"Beaucoup de Britanniques ont adopté une approche plus
prudente en matière de dépenses de Noël qu'en 2017, en rognant
sur les dépenses courantes pour compenser les coûts liés aux
fêtes", explique Esme Harwood, directrice de Barclaycard.
La moitié des Britanniques interrogés le mois dernier sur le
sujet s'étaient déclarés préoccupés par le risque de déclin de
l'économie britannique en 2019, contre 43% un an plus tôt, selon
Barclaycard.
(David Milliken; Marc Angrand pour le service français)