GB-L'économie a à peine progressé au T4 sur fond d'incertitude budgétaire
information fournie par Reuters 12/02/2026 à 12:21

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Hausse de 0,1% du PIB au T4 contre un consensus de +0,2%

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Le T4 marqué par une incertitude avant la présentation du budget

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Chute des investissements des entreprises au T4

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Le manufacturier a tiré la croissance, les services stables

(Actualisé avec précisions et contexte, commentaire d'analyste)

par Andy Bruce et William Schomberg

MANCHESTER, Angleterre, 12 février (Reuters) - L 'économie britannique a à peine progressé au dernier trimestre 2025, l'activité ayant été moins performante que prévu initialement lors de la présentation du budget du pays par la ministre des Finances Rachel Reeves, selon les chiffres officiels publiés jeudi.

Le produit intérieur brut (PIB) a augmenté de seulement 0,1% au quatrième trimestre par rapport au trimestre précédent, montrent les données préliminaires publiées par l'Office national de la statistique (ONS).

Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient une croissance de 0,2% au quatrième trimestre par rapport aux trois mois précédents.

Le PIB avait progressé de 0,1% au troisième trimestre.

En rythme annuel, la croissance au quatrième trimestre s'est établie à +1,0%, contre +1,2% anticipé par le consensus et +1,2% au troisième trimestre (chiffre révisé de +1,3%).

L'ONS a revu à la baisse les données mensuelles du PIB pour les trois mois précédant novembre, indiquant une contraction de 0,1% au lieu d'une croissance de 0,1%.

Le quatrième trimestre a été marqué par de nombreuses spéculations concernant d'éventuelles hausses d'impôts avant la présentation du budget le 26 novembre.

Des données plus récentes suggèrent que l'incertitude s'est dissipée pour les consommateurs et les entreprises.

"L'économie britannique est parvenue à enregistrer une croissance très modeste en fin d'année dernière. D'un point de vue strictement comptable, elle a abordé 2026 avec un élan très limité", écrit Luke Bartholomew, chef économiste adjoint chez Aberdeen Investments.

"Mais si l'on en croit différentes enquêtes, certains signes préliminaires suggèrent que le climat de confiance s'est légèrement redressé après le budget de l'an dernier, ce qui pourrait favoriser un regain d'activité cette année", ajoute-t-il.

"Néanmoins, les incertitudes politiques récentes pourraient inverser ce rebond de la confiance. Et il demeure difficile d'identifier les facteurs susceptibles de soutenir une accélération durable du rythme de croissance sous-jacent en 2026", poursuit-il.

LA BOE SOUS PRESSION POUR BAISSER SES TAUX

Pour l'intermédiaire, dans ce contexte la Banque d'Angleterre (BoE) devrait poursuivre son cycle d'assouplissement monétaire afin de soutenir l'activité, et Aberdeen Investments anticipe une prochaine baisse de taux lors de la réunion de mars.

S'agissant de l'incertitude, Luke Bartholomew fait référence au scandale Jeffrey Epstein qui secoue, entre autres, le Premier ministre Keir Starmer.

Le chef du gouvernement britannique a toutefois exclu de démissionner, exhortant ses équipes à rester unies alors que son directeur de la communication, Tim Allan, a démissionné à l'instar du chef de cabinet du 10 Downing Street, Morgan McSweeney.

Les nouveaux chiffres du PIB devraient apporter de l'eau au moulin des partisans d'une baisse des taux directeurs de la BoE en mars, l'économie britannique peinant à rebondir.

Les données suggèrent une hésitation de la part des entreprises au cours du quatrième trimestre, leurs investissements ayant chuté de près de 3% – la plus forte baisse trimestrielle depuis début 2021 – principalement due à la volatilité des investissements dans les transports.

Pour l'économiste Thomas Pugh, du cabinet de conseil RSM, la faiblesse générale des investissements des entreprises suggère que l'incertitude budgétaire freine les investissements et les dépenses.

Les données sur l'inflation britannique pour le mois de janvier, qui seront publiées la semaine prochaine, devraient également renforcer l'argument en faveur d'un assouplissement monétaire le mois prochain si elles montrent une décélération de la croissance des prix à la consommation par rapport au taux de 3,4% en rythme annuel ressorti en décembre.

Les marchés estiment actuellement à 63% la probabilité que la BoE abaisse ses taux de 25 points de base, à 3,5%, le 19 mars. 0#GBPIRPR

Le secteur manufacturier britannique a été le principal moteur de la hausse de la croissance, tandis que le secteur dominant des services est resté stable.

En 2025, l'économie britannique a globalement progressé au rythme de 1,3% en moyenne annuelle, selon l'Office national des statistiques, contre 0,9% en France, 0,7% en Italie et 0,4% en Allemagne.

La croissance économique britannique par habitant s'est contractée de 0,1% au deuxième trimestre, même si elle a progressé de 1,0% pour l'ensemble de l'année 2025.

(Version française Claude Chendjou, avec la contribution de Diana Mandiá Álvarez, infographie de Sumanta Sen, édité par Blandine Hénault)