GB-Andy Burnham, nommé Premier ministre, promet une ère de changements
information fournie par Reuters 20/07/2026 à 19:50

(Actualisé avec nomination de John Healey aux Finances)

Le travailliste Andy Burnham a été officiellement nommé Premier ministre du Royaume-Uni lundi et a promis une "réinitialisation" complète du pays, avec un "nouveau modèle politique et un nouveau modèle économique".

A 56 ans, l'ex-maire de Manchester, populaire dans les sondages et communicant éprouvé, succède à Keir Starmer, qui avait démissionné en juin après un échec historique du Labour aux élections locales.

Le Premier ministre britannique sortant avait officiellement présenté lundi sa démission au roi Charles III, qui a ensuite reçu Andy Burnham pour lui demander d'assumer les fonctions de chef du gouvernement.

Andy Burnham, en tant que septième Premier ministre britannique depuis le référendum sur le Brexit, il y a dix ans, compte "redynamiser" le pays et se concentrer davantage sur les préoccupations de la population, telles que le pouvoir d'achat et les défaillances des services publics.

L'ancien maire du Grand Manchester, parfois surnommé le "roi du Nord", avait été élu vendredi à la tête du Parti travailliste, ce qui constituait la dernière étape avant sa nomination au poste de chef du gouvernement.

Lors d'un premier discours au côté de son épouse devant le 10, Downing Street, il a indiqué qu'il présenterait mardi de nouvelles mesures pour aider les ménages, avant de dévoiler plus tard dans l'année un nouveau plan sur dix ans pour le pays.

"Je sais que les gens, chez eux, en ont assez de la politique. Je vous entends, et je veux être honnête avec vous : nous n'avons pas été à la hauteur et nous devons faire mieux", a déclaré Andy Burnham, s'exprimant sans notes et sans utiliser de pupitre.

Il a ajouté qu'il comptait faire de son mandat "un électrochoc" pour la Grande-Bretagne, en mettant en œuvre "les changements les plus importants des quarante dernières années" et en promettant "un nouveau modèle politique et un nouveau modèle économique".

BURNHAM PROMET "UNE BOUFFÉE D'OXYGÈNE"

Un peu plus d'une heure après le discours d'adieu de Keir Starmer, lequel a jugé son travail "accompli", Andy Burnham a indiqué que sa première priorité serait de mettre fin au phénomène des sans-abris, mais ses propos ont été globalement pauvre en détails programmatiques.

Promettant aux Britanniques "une bouffée d'oxygène", il a déclaré que le gouvernement présenterait mardi des mesures visant à lutter contre la hausse du coût de la vie, ainsi que la manière dont il prévoit de les financer.

A plus long terme, il s'est aussi engagé à aider les jeunes "à accéder à l'emploi en réformant le système éducatif et en leur apportant plus de soutien, notamment en matière de santé mentale", réitérant sa promesse de construire davantage de logements sociaux tout en contribuant à la réduction des dépenses sociales afin de financer une hausse des investissements dans la défense.

Sur le plan international, Andy Burnham a promis d'offrir une image de stabilité au monde et précisé que ses premières prises de contact diplomatiques seraient réservées au président ukrainien Volodimir Zelensky et au président américain Donald Trump.

"Le président Zelensky n'aura absolument aucun doute sur le fait que le soutien du Royaume-Uni est inébranlable et sans faille. Il pourra compter sur lui, et je serai aussi personnellement à ses côtés", a-t-il dit.

Ses services ont également indiqué en début de soirée qu'il s'était entretenu avec Donald Trump et avait assuré à celui-ci que Londres resterait engagé en matière de défense et de sécurité et contribuerait à soutenir la réouverture en toute sécurité du détroit d'Ormuz.

Andy Burnham a dévoilé les premiers noms composant son gouvernement. Il anommé l'ancien ministre de la Défense John Healey au poste stratégique de ministre des Finances, en remplacement de Rachel Reeves.

John Healey, 66 ans, avait démissionné le mois dernier du gouvernement Starmer, accusant l'ancien Premier ministre d'investir insuffisamment dans les dépenses de défense.

THAMES WATER DANS LE COLLIMATEUR

Andy Burnham avait promis vendredi de faire en sorte que la Grande-Bretagne devienne un pays où "la vie est plus abordable et où toute la population et toutes les régions voient leur situation s'améliorer par rapport à aujourd'hui".

Une attention particulière sera portée à ses décisions en matière de fiscalité et de dépenses publiques, de même qu'à l'égard du secteur pétrolier et des entreprises de service public, peu performantes, sur lesquelles le nouveau Premier ministre a dit vouloir renforcer le contrôle de l'État.

Thames Water, la plus grande compagnie des eaux du Royaume-Uni, lourdement endettée et vivement critiquée en raison de fréquents rejets d'eaux usées, fait partie des sociétés potentiellement concernées.

La numéro deux du Parti travailliste et alliée d'Andy Burnham, Lucy Powell, a ainsi laissé entendre dimanche que Thames Water pourrait être placée sous un régime de "surveillance spéciale", ce qui signifierait qu'elle fonctionnerait sous contrôle gouvernemental.

Les travaillistes considèrent Andy Burnham comme l'un des rares hommes politiques capables de contrer la menace du parti populiste Reform UK de Nigel Farage, fervent défenseur du Brexit, contrairement à un Keir Starmer devenu impopulaire.

(Reportage Elizabeth Piper, version française Benjamin Mallet, édité par Sophie Louet)