GameStop lance une offensive surprise sur eBay
information fournie par Zonebourse 04/05/2026 à 08:28

Ryan Cohen, le patron de GameStop, propose de racheter eBay avec une prime de 20%, quitte à s'adresser directement aux actionnaires dans l'hypothèse où le conseil d'administration de la cible ne soutiendrait pas la transaction. Une méthode plutôt cavalière, surtout pour un groupe qui pèse quatre fois moins que celui qu'il vise.

GameStop a proposé dimanche de racheter eBay pour environ 56 milliards de dollars, via une offre mêlant numéraire et actions. Son PDG, Ryan Cohen, se dit prêt à contourner le conseil d'administration en lançant une bataille de procurations si nécessaire. L'offre, fixée à 125 dollars par action, représente une prime d'environ 20% par rapport au cours de clôture de vendredi.

L'initiative surprend par son ampleur : eBay pèse près de quatre fois plus que GameStop en Bourse. Le distributeur de jeux vidéo, devenu célèbre lors de la frénésie des "meme stocks" en 2021, détient déjà environ 5% du capital d'eBay. Cohen justifie cette offensive par les synergies attendues, évoquant des gains de coûts de 2 milliards de dollars en un an et une amélioration du bénéfice par action.

Le dirigeant ambitionne de transformer eBay en concurrent crédible d'Amazon. Il mise notamment sur le réseau de 1 600 magasins GameStop aux Etats-Unis pour renforcer la logistique, l'authentification des produits et le commerce en direct. Il affirme avoir sécurisé des financements, dont une enveloppe de 20 milliards de dollars de dette auprès de TD Securities, ainsi que des apports potentiels d'investisseurs externes.

Coup de génie ou une folie totale ?

Une telle opération reste atypique : les rachats d'entreprises nettement plus grandes sont rares et reposent généralement sur un fort levier financier et des paris sur les synergies futures.

Ryan Cohen, figure influente auprès des investisseurs particuliers, s'est bâti une réputation sur des paris audacieux capables de faire bouger les marchés. Il avait d'ailleurs annoncé dès janvier être à la recherche d'une opération d'envergure.

L'opération intervient alors que GameStop poursuit sa transformation. Malgré un retour à la rentabilité après d'importantes réductions de coûts, l'entreprise reste fragilisée par la dématérialisation du jeu vidéo et a vu son chiffre d'affaires reculer au quatrième trimestre. En face, eBay affiche une dynamique plus solide, portée par la demande pour les objets de collection et les enchères en ligne.

A première vue, l'opération paraît structurellement fragile et sous-tend un endettement très élevé. Comme le résume Ryan Cohen lui-même au Wall Street Journal : "Au final, ce sera soit un coup de génie, soit une folie totale".