France-Une semaine mouvementée en perspective après les manifestations du 31 octobre information fournie par Reuters 01/11/2026 à 11:59
La France se prépare à une semaine mouvementée après une journée de manifestations samedi contre la vie chère et pour l'amélioration des conditions d'étude des lycéens qui s'est déroulée dans un climat "globalement calme" mais émaillée de tensions lors de la dispersion des cortèges.
Une journée nationale de grèves et manifestations est prévue le jeudi 5 novembre dans les secteurs privé et public, tandis que l'organisation "Les Lycéens!" a appelé dimanche au blocus des lycées dès lundi, alors que l'Union syndicale lycéenne et l'Union étudiante avaient, elles, invité à bloquer lycées et universités mardi et jeudi.
"Non, on ne va pas tous reprendre les cours, parce que, selon le président, il nous entendus. Mais en fait, non, il ne nous a pas entendus. Il ne nous en fait presque rien donné", a déclaré dimanche Pierre Sourzat, président de l'organisation Les Lycéens!, sur RMC.
"Bien sûr qu'on appelle au blocus. Donc les lycées seront bloqués, et ce dès lundi (...) c'est le principe quand on fait grève, c'est de gêner, le but, c'est de pouvoir bloquer dans la durée", a-t-il ajouté, dénonçant la "politique de comptoir" du gouvernement, qui a dévoilé en début de semaine plusieurs mesures à destination de la jeunesse.
Plusieurs syndicats estiment toutefois que le compte n'y est pas, appelant à une mobilisation massive pour jeudi.
"Cette fois-ci on est proche d'avancées concrètes pour que demain soit mieux qu'aujourd'hui", a déclaré sur BFMTV Thomas Vacheron, secrétaire confédéral de la CGT, qui souhaite une augmentation du SMIC, des points d'indice pour les fonctionnaires et de tous les salaires.
"Il faut que le gouvernement réponde maintenant aux manifestations, c'est lui qui a la clé", a-t-il insisté.
320.000 MANIFESTANTS SAMEDI
Pour la manifestation de samedi, qui succédait à celles des 17 et 24 octobre, le ministère de l'Intérieur a fait état de 320.000 participants à l'échelle nationale, dont 70.000 à Paris,
Les organisateurs, quant à eux, ont revendiqué un demi-million de manifestants en France, dont 200.000 dans la capitale.
Selon une source au sein du ministère de l'Intérieur, des éléments radicaux ont tenté dans plusieurs villes (Bordeaux Toulouse, Rennes, Lille, Nantes, Marseille, Lyon, etc) en fin de cortège de pénétrer les centres villes aux fins de dégradations et pillages, mais en ont été empêchés par les interventions des forces de l'ordre.
La préfecture de police Marseille a indiqué à Reuters que le bilan de la manifestation de samedi s'est traduit par 18 interpellations, 19 policiers blessés légèrement, un commerce visé par une tentative de cambriolage avortée et trois commerces dont la devanture a été dégradée.
"Hier, sur l'ensemble du territoire, la police nationale était présente pour accompagner les manifestations et lutter contre les violences. Grâce à l'engagement des 70.000 policiers et gendarmes, jusqu'au milieu de la nuit, l'ordre public a été maintenu", s'est félicité sur X le porte-parole de la police nationale.
"La journée d'aujourd'hui (samedi) était une journée à haut risque. Le dispositif élaboré, robuste et agile, a permis aux manifestations déclarées de se tenir, en garantissant la liberté de s'exprimer et en entravant les actions de ceux qui ont cherché à faire dégénérer les cortèges", a abondé le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, sur X.
(Rédigé par Claude Chendjou, avec la contribution de Marc Leras et la rédaction de Paris)