France-Stellantis-Les syndicats espèrent une hausse de salaire malgré le "reset"
information fournie par Reuters 12/02/2026 à 09:28

Les syndicats français de Stellantis espèrent obtenir une augmentation de salaire pouvant aller jusqu'à 2,8% en 2026 malgré l'annonce de charges exceptionnelles massives par le groupe né de la fusion entre PSA et FCA.

Entre l'ouverture des négociations salariales annuelles en France et leur conclusion jeudi, Stellantis a annoncé environ 22,2 milliards d'euros de charges exceptionnelles reflétant notamment une révision à la baisse de ses ambitions 100% électriques et le conduisant à anticiper une perte nette annuelle qui privera ses actionnaires de dividende.

Cette annonce vendredi dernier a été sanctionnée en Bourse, où l'action est tombée en séance à son plus bas niveau depuis que le groupe existe.

"Nous ne pensons pas qu'il puisse y avoir un gel des salaires au vu des efforts des salariés, il y aura quelque chose", a dit à Reuters Laurent Oechsel, représentant de la CFE-CGC, principal syndicat de Stellantis en France. Il demande une augmentation de 2,5% cette année, après les +2,1% obtenus de la direction l'année précédente.

Quatre syndicats plaident pour une hausse des rémunérations comprise entre 2,5% et 2,8% en 2026.

"Il n'est pas rare, dans le monde de l'industrie, lorqu'un nouveau patron arrive, de faire un 'reset' à l'aube de son nouveau plan stratégique. Il est facile d'en comprendre l'intérêt", ajoute Frédéric Lemayitch, représentant CFTC.

"Il est hors de question que cette décision de l'entreprise puisse impacter le fait que les salariés n'aient pas d'augmentation générale pour garantir le maintien de leur pouvoir d'achat", ajoute-t-il.

Les organisations syndicales sont d'autant plus déterminées pour ce round de négociation que contrairement aux années précédentes, le montant des primes de partage de la valeur (PPV) communiquées un peu plus tard, dans le sillage des résultats financiers annuels, est cette fois incertain.

"La publication des résultats, en excluant les charges exceptionnelles décidées par le groupe, sera un point déterminant pour notre demande de PPV, car pour partager de la valeur, il faudrait déjà en avoir", poursuit Frédéric Lemayitch.

Sellantis publiera ses résultats financiers complets et définitifs le 26 février.

Les primes exceptionnelles étaient tombées à 900-1.700 euros l'an dernier - le haut de la fourchette correspondant aux plus bas salaires - contre 4.100-6.000 euros en 2024 et 4.300-6.190 euros en 2023.

"Etant donné les points d'interrogation sur l'intéressement et la participation, la priorité est la négociation salariale. Un tien vaut mieux que deux tu l'auras", résume Laurent Oechsel.

Un porte-parole de Stellantis a refusé de faire un commentaire avant la conclusion des négociations.

(Reportage Gilles Guillaume, édité par Blandine Hénault)