France-Plusieurs ténors politiques s'opposent à une hausse des impôts
information fournie par Reuters 30/09/2024 à 10:51

Plusieurs responsables politiques en France, notamment à droite et au sein de la "macronie", ont exprimé lundi leur ferme opposition à une éventuelle hausse des impôts à la veille de la présentation par le nouveau Premier ministre, Michel Barnier, de sa déclaration de politique générale.

Le quotidien Le Monde a rapporté dimanche qu'un prélèvement exceptionnel de huit milliards d'euros sur les grands groupes et une taxe sur les rachats d'actions figuraient parmi les mesures envisagées par le gouvernement pour réduire les déficits publics.

S'exprimant sur Cnews et Europe 1, l'ancien chef de l'Etat français, Nicolas Sarkozy, a estimé qu'un relèvement des impôts pèserait sur l'emploi, la croissance et l'investissement.

"Je veux dire de la façon la plus claire que si après sept années de stabilisation des impôts par M. Macron un Premier ministre de droite fait l'augmentation des impôts, je le dis sans détour, cela serait une erreur", a-t-il déclaré.

"Pour moi, ce n'est pas possible, la France est le pays qui paye le plus d'impôts, le pays où la redistribution est la plus grande, le pays où le montant des dépenses publiques est le plus élevé et le pays où le sentiment d'injustice est le plus grand aussi", a-t-il poursuivi.

"Donc raisonner en termes d'augmentation d'impôts serait une erreur économique", a-t-il conclu.

Gérald Darmanin, l'ancien ministre de l'Intérieur, qui a fait ce week-end sa rentrée politique à Tourcoing (Nord), semble partager, au moins en partie, le point de vue de Nicolas Sarkozy.

"Si on donne un coup d'augmentation des impôts, nous ferons augmenter le chômage", a-t-il prévenu, selon des propos rapportés par Le Monde. "Quand vous augmentez l'impôt, même symboliquement, aux plus riches, chez moi, dans le nord de la France, les gens vont en Belgique", a-t-il ajouté.

Outre la déclaration de politique générale de Michel Barnier prévue mardi, la France doit faire adopter le budget 2025 au Parlement avant la fin de l'année, sans majorité absolue, et avec la menace d'une opposition du Nouveau front populaire (NFP) et du Rassemblement national (RN).

Le déficit public français est attendu à plus de 6% du produit intérieur brut (PIB) en 2024 et Paris est déjà visé par une procédure européenne pour déficits excessifs.

Interrogé sur LCI, Sébastien Chenu, le porte-parole du Rassemblement national (RN), a cependant estimé lundi que la France ne vivait pas au-dessus de ses moyens. Selon lui, il existe des sources d'économie, des "dépenses taboues", comme l'immigration qui pourrait permettre d'"économiser 15 milliards d'euros par an".

Sur France 2, la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a souligné lundi la nécessité de revenir à un budget à l'équilibre, disant qu'elle était d'abord favorable à "un travail sur les dépenses".

"L'effort principal doit porter sur la réduction de la dépense et non pas sur les recettes", a renchéri également lundi le rapporteur général du budget, Charles de Courson, sur Franceinfo.

L'ancienne Première ministre Elisabeth Borne, qui a recouru à dix reprises à l'article 49.3 de la Constitution qui permet de passer en force pour faire adopter un budget, a déclaré sur BFMTV/RMC: "Je crains que mon successeur ne trouve pas de majorité pour faire voter le budget et peut-être qu'il aura recours à ce fameux article 49.3".

(Rédigé par Claude Chendjou, édité par Kate Entringer)