STRASBOURG, 8 février (Reuters) - Les syndicats du forum -
ou comité de groupe - européen d'Alstom ALSO.PA ont rendu
jeudi un avis mitigé sur le projet de fusion avec l'Allemand
Siemens SIEDn.DE , qui n'a été approuvé que par deux voix
contre cinq et six "abstentions ou neutres", a-t-on appris de
sources syndicales.
Le vote, qui est imposé par la procédure mais n'a pas de
conséquences légales sur son déroulement, s'est tenu à bulletins
secrets à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), au siège du
constructeur français de matériel de transport.
Les quatre représentants français des syndicats CFDT,
CFE-CGC, CGT et FO ont émis un vote négatif ainsi que très
probablement un syndicaliste polonais. Les deux salariés
allemands du syndicat IG Metal se sont exprimé pour. Les
"neutres" et abstentionnistes étaient britanniques, roumains,
espagnols, italiens et suédois.
"On n'a pas compris qu'ils ne se prononcent pas alors qu'on
avait demandé pour eux une garantie d'emploi qu'ils n'ont pas
obtenue", a dit à Reuters Daniel Dreger, délégué CGT.
Le projet de fusion, qui donnera à Siemens 50% du capital,
une majorité au conseil d'administration et la possibilité de
racheter des actions Alstom au bout de quatre ans, prévoit qu'il
n'y ait aucune suppression d'emplois en France ni en Allemagne
durant cette période pour des raisons de restructuration.
Les syndicats français jugent l'accord déséquilibré et
craignent un démantèlement à terme de l'entreprise.
"Alstom et Siemens doivent maintenant présenter leur projet
à une quinzaine de commissions antitrust et le fait qu'ils
aient, ensemble, une position quasi hégémonique sur la
signalisation ferroviaire pourrait poser problème", estime Alain
Fages, de la CFE-CGC.
Cette partie de la procédure devrait durer trois mois.
Pour les syndicats, la fusion des deux leaders européens du
ferroviaire pourrait accélérer l'entrée sur le marché européen
du Chinois CRRC qu'elle est censée contrer. Ce concurrent
deviendra, selon eux, un soumissionnaire obligé des futurs
appels d'offres, du fait de la raréfaction des compétiteurs.
Alstom prévoit d'organiser en juillet l'assemblée générale
destinée à approuver le projet de rapprochement avec l'activité
ferroviaire de Siemens annoncé en septembre.
(Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse)