* Un chiffre d'affaires supérieur à E1,5 million
* Objectif pour 2018, la vente de 70 robots
* La robotique agricole, un enjeu environnemental
par Johanna Decorse
TOULOUSE, 26 décembre (Reuters) - La société toulousaine
Naïo Technologies, pionnière dans la conception de robots
agricoles, a achevé de boucler un nouveau tour de table de deux
millions d'euros pour financer la commercialisation de ses trois
modèles à l'international.
Créée en novembre à 2011 à Escalquens, dans l'agglomération
toulousaine, par Gaëtan Séverac et Aymeric Barthès, deux
ingénieurs en robotique, la jeune pousse compte actuellement 80
appareils autonomes en exploitation dans le monde, flotte qui la
place « parmi les leaders mondiaux de la robotique agricole ».
Depuis la vente en 2013 de son premier robot OZ, destiné au
désherbage mécanique pour les petits maraîchers, Naïo
Technologies double chaque année son chiffre d'affaires et a
franchi en 2017 la barre des 1,5 million d'euros.
Portée par une croissance exponentielle, la société a
développé en 2016 un deuxième robot (Dino) pour le maraîchage
industriel et en 2017, le modèle Ted, réservé à la vigne, dont
le premier exemplaire a été acheté par le château Clerc Milon,
l'un des domaines Baron Philippe de Rothschild.
Pour financer recherche et développement, Naïo Technologies,
qui emploie 26 salariés, a procédé depuis sa création à quatre
levées de fonds et récolté au total près de cinq millions
d'euros.
Le dernier tour de table de deux millions d'euros a été
effectué auprès de ses investisseurs historiques, la plate-forme
de financement participatif toulousaine Wiseed (200.000 euros)
et les sociétés de capital-risque Capagro et Demeter Ventures, à
hauteur de 800.000 euros chacune.
Deux nouveaux actionnaires les ont rejoints à hauteur de
100.000 euros chacun, le groupe vitivinicole Oeneo, détenu en
partie par la famille Hériard-Dubreuil, et la société américaine
Pro Drones Investments.
Leurs dirigeants, Nicolas Hériard-Dubreuil, DG d'Oeno, et
son cousin, Vivien Hériard-Dubreuil, président de Pro Drones
Investments, siègent tous deux au conseil de surveillance de
Naïo Technologies.
TECHNOLOGIE DE RUPTURE
"Le partenariat avec Pro Drones Investments qui détient la
société Microdrones est stratégique pour nous. Nous allons
pouvoir opérer des survols au-dessus des cultures pour élaborer
des cartes GPS que nous intégrerons dans les robots et lever
ainsi un frein à la vente", explique à Reuters Aymeric Barthès,
président de Naïo Technologies.
Cette quatrième levée de fonds doit permettre à la start-up
de financer son développement industriel et commercial avec un
objectif de 70 robots vendus en 2018 pour un chiffre d'affaires
doublé de 3 millions d'euros.
La société qui réalise 80% de son activité en France, vient
de trouver un distributeur au Japon pour couvrir l'ensemble du
pays. Elle est en quête d'un partenaire en Californie.
"Nous sommes sur une technologie de rupture, aussi nous
devons trouver des personnes pour vraiment pousser nos produits.
Tout comme les voitures autonomes, la robotique agricole n'est
pas encore entrée dans les mœurs. Notre enjeu, c'est d'être prêt
le jour où elle se démocratisera et de conserver notre position
de leader mondial", explique Aymeric Barthès.
Naïo Techonologies, qui conçoit et assemble ses robots à
Toulouse, sous-traite la réalisation des pièces métalliques à
l'entreprise de tôlerie industrielle Goubier, dans le
Tarn-et-Garonne, et des cartes électroniques à deux sociétés du
Tarn et de Loire-Atlantique.
Ses appareils sont vendus entre 25.000 euros pour le petit
robot OZ et 80.000 à 100.000 euros pour les modèles Ted et Dino.
Pour les deux fondateurs de la société, qui conservent
chacun 10% du capital, ces robots répondent à un enjeu
environnemental et sociétal en aidant à assurer « une
souveraineté alimentaire locale ».
"Face à la crise agricole, nos robots de désherbage
mécanique, sans herbicide, permettent aux agriculteurs de
baisser leurs coûts pour continuer à produire localement. Et au
final, on s'aperçoit que la main d'oeuvre n'est pas remplacée
mais utilisée pour des tâches 'plus nobles' comme valoriser les
cultures et améliorer la commercialisation", souligne Aymeric
Barthes.
(Edité par Sophie Louet)