PARIS, 4 octobre (Reuters) - Les industries de la mode
française au sens large, incluant vêtements, maroquinerie,
parfums, optique, horlogerie et joaillerie, représentent un
chiffre d'affaires de 150 milliards d'euros, selon une étude
réalisée par l'Institut français de la mode (IFM) présentée
mardi en marge de la "fashion week" parisienne.
Cette étude inédite, qui vise à rendre compte du "véritable
périmètre" des industries de la mode et de leur poids dans
l'économie française, englobe les activités directes de ces
différents secteurs d'activité ainsi que leurs effets indirects
(revenus distribués aux salariés ou valeur ajoutée créée pour
les entreprises sous-traitantes comme la publicité, les
transports ou la logistique).
Ces données sont calculées à partir des chiffre d'affaires
des entreprises concernées résidentes en France.
Elles permettent d'établir que le secteur dégage une valeur
ajoutée de 36 milliards d'euros, soit 1,7% du produit intérieur
brut (PIB) français.
"Il s'agit d'une vision globale de la mode comme une
économie de la marque et de l'immatériel", a déclaré à la presse
Pascal Morand, président exécutif de la fédération française de
la couture.
Elle permet de voir que le secteur pèse finalement plus
lourd que l'aéronautique (102 milliards d'euros de chiffre
d'affaires) ou l'automobile (39 milliards), a-t-il ajouté lors
d'une présentation réunissant pour la première fois les
fédérations de la couture et du prêt-à-porter.
"Il s'agit d'un premier état des lieux, alors qu'aucun
chiffre sur cette économie n'avait jusqu'ici été donné", a
renchéri Pierre-François Le Louët, président de la Fédération du
prêt-à-porter féminin.
Le chiffre d'affaires du secteur de l'habillement totalise
67 milliards d'euros, devant les parfums et cosmétiques (44
milliards), la maroquinerie-chaussures (22 milliards), l'optique
(9 milliards) et l'horlogerie-bijouterie (8 milliards).
Au total, les emplois directs des industries de la mode
atteignent 580.000.
L'étude révèle aussi qu'avec plus de 300 défilés par an, les
"fashion weeks" parisiennes constituent un vrai moteur
économique pour la capitale avec un chiffre d'affaires estimé à
10,3 milliards d'euros par an pour le secteur et 1,2 milliard
d'euros de retombées économiques.
(Pascale Denis, édité par Jean-Michel Bélot)