* Immatriculations -2,3% en mars, -0,6% sur 3 mois-CCFA
* Attentisme des clients avec les nouvelles normes et
l'économie
* Le diesel au plus bas historique, le CO2 refuse de baisser
(Actualisé avec précisions, commentaires)
par Gilles Guillaume
PARIS, 1er avril (Reuters) - Les immatriculations de
voitures neuves en France ont baissé de 2,3% en mars selon les
données brutes publiées lundi par le Comité des constructeurs
français d'automobiles (CCFA), faisant passer le marché
automobile français en territoire négatif depuis le début de
l'année.
Il s'est immatriculé le mois dernier 225.818 nouveaux
véhicules particuliers, donnant sur trois mois une baisse de
0,6% alors que le marché affichait encore une légère hausse de
0,5% sur deux mois.
Le marché automobile français avait déjà commencé 2019 sur
un mauvais pied avec un repli de 1,12% en janvier, son cinquième
mois consécutif de baisse à cause des perturbations provoquées
par le cycle d'homologation plus strict WLTP et un environnement
global de ralentissement de la demande.
En février, les immatriculations avaient toutefois rebondi
de 2,1%, avant de repartir à la baisse en mars.
"Cette tendance devrait se renforcer en 2019", commente
Maxime Lemerle, analyste automobile chez Euler Hermes, dans une
note. Euler Hermes estime que les immatriculations françaises de
voitures neuves afficheront un repli de 1% sur l’ensemble de
cette année.
L'analyste y voit le contrecoup de l'évolution du contexte
réglementaire européen, qui conduira à durcir à nouveau les
normes d'ici 2020 et qui incite de ce fait les nouveaux
acheteurs à l'attentisme.
"Ensuite, le contexte macroéconomique français est peu
porteur et pourrait affecter le secteur automobile", ajoute
Maxime Lemerle, faisant référence au ralentissement de la
confiance et de la demande des ménages.
Le marché automobile français interromprait ainsi quatre
années consécutives de hausse. La baisse de mars est aussi
imputable au fait que le mois a compté un jour ouvré de moins
que mars 2018. En données corrigées, le marché aurait progressé
de 2,4%.
Le CCFA a maintenu lundi sa prévision d'une stagnation des
immatriculations de voitures neuves en France sur l'ensemble de
2019. L'Observatoire Cetelem de l'automobile anticipe de son
côté une baisse d'environ 3%.
Les immatriculations du groupe PSA PEUP.PA , qui regroupe
les marques Peugeot, Citroën, DS, Opel et Vauxhall, ont reculé
de 1,5% en mars par rapport au même mois de 2018.
Celles des marques du groupe Renault RENA.PA (Renault,
Dacia et Alpine pour le marché français) ont enregistré de leur
côté une baisse de 1,7%.
L'ensemble des marques étrangères ont reculé pour leur part
de 3,3%.
La part du diesel dans les immatriculations est retombée à
34%, un plus bas historique déjà touché en janvier. Cette
technologie tombée en disgrâce depuis l'affaire de trucage des
émissions de Volkswagen VOWG_p.DE n'avait jamais pesé aussi
peu dans le mix énergétique français depuis son boom des années
1990 et 2000 aux dépens de l'essence.
Le diesel étant plus vertueux en terme de CO2, son faible
poids dans les nouvelles immatriculations et la vogue des SUV
moins aérodynamiques expliquent que les émissions moyennes de
CO2 aient encore refusé de baisser le mois dernier en France.
Elles se maintiennent obstinément à 112 grammes au kilomètre
depuis maintenant six mois d'affilée, alors que l'Europe
imposera l'an prochain un nouveau plafond moyen de 95 grammes.
* Le communiqué du CCFA: https://bit.ly/2CNatZP
* Le dossier de presse du CCFA : https://bit.ly/2YHaA2o
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Le communiqué du CCFA : https://bit.ly/2CNatZP
Le dossier de presse du CCFA : https://bit.ly/2YHaA2o
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(Avec Jean Terzian et Arthur Connan, édité par Jean-Michel
Bélot)