TOULOUSE, 10 mai (Reuters) - Le groupe toulousain Nérios,
propriétaire des eaux de Mont Roucous et candidat au rachat de
la source Quézac et de son unité d'embouteillage en Lozère, a
retiré son offre de reprise, a-t-on appris mardi auprès de la
CGT.
Nérios était entré en négociation exclusive en mars avec
Nestlé Waters NESN.S qui cherche depuis plus d'un an à
revendre sa source lozérienne.
Avant le groupe Nérios, le géant suisse qui détient aussi
les marques Perrier, San Pellegrino et Vittel, avait mené des
négociations exclusives avec Eric Besson, propriétaire des
Sources du Pestrin auxquelles il avait mis fin en mai 2015.
L'annonce du retrait du groupe Nérios a été faite mardi lors
d'un comité d'entreprise extraordinaire au siège des eaux de
Quézac, à Ispagnac, en Lozère, par son président Jean-Claude
Lacaze, a précisé à Reuters Pascal Frazzoni, délégué syndical
CGT chez Quézac.
L'offre de Nérios prévoyait une augmentation des cadences de
production de 19.000 à 27.000 bouteilles/heure, financé par un
investissement de 300.000 euros dans l'outil industriel mais
n'envisageait la reprise que de 30 salariés sur 53.
"Le repreneur voulait aussi baisser les salaires de 40% et
ne prenait pas en compte l'ancienneté. Pour les salariés, dont
certains travaillent sur le site depuis plus de vingt ans, ce
projet était inacceptable", explique l'élu CGT.
Fin avril, un rapport d'expertise du cabinet Apex, mandaté
par les syndicats, avait conclu que le projet ne semblait "pas
réalisable" du point de vue industriel "au regard de l'effort
d'investissement" du candidat à la reprise de Quézac.
Le cabinet avait fait part de ses "incertitudes sur la
capacité de Quézac (au nouveau périmètre) à assurer son activité
et son développement".
"Le groupe Nérios a formulé sa volonté de se retirer du
projet de reprise de Quézac face aux hostilités répétées des
instances représentatives du personnel", a confirmé à Reuters un
porte-parole de Nestlé Waters France.
"Nous prenons acte de cette décision mais nous souhaitons
que le groupe Nérios puisse revenir dessus car nous considérons
que c'est le seul projet de reprise qui puisse assurer un avenir
à Quézac", a ajouté ce porte-parole.
Pour le groupe Nérios, déjà propriétaire des deux marques
d'eau plate, Mont Roucous et Rosée de la Reine, le rachat de
Quézac aurait permis de compléter son portefeuille et de
"mutualiser les équipes de ventes".
La société holding Nérios a été créée en 2007 par
Jean-Claude Lacaze pour le rachat au groupe Danone de la société
des eaux de Mont Roucous dont elle détient aujourd'hui plus de
70% du capital. Nérios compte 29 salariés et affiche un chiffre
d'affaires de 3,5 millions d'euros.
(Johanna Decorse, édité par Yves Clarisse)