France-La croissance du PIB se maintient, +0,3% au 3e trimestre
information fournie par Reuters 30/10/2019 à 11:31

 (Actualisé avec analyste, détails)
    par Michel Rose
    PARIS, 30 octobre (Reuters) - La croissance de l'économie
française a été meilleure que prévu au troisième trimestre,
soutenue notamment par les dépenses engagées par le gouvernement
pour répondre à la crise des "Gilets jaunes" qui ont stimulé la
consommation des ménages.
    La croissance du Produit intérieur brut (PIB) s'est
maintenue à 0,3%, un rythme identique à celui du deuxième
trimestre, selon la première estimation publiée mercredi par
l'Insee. Elle est légèrement supérieure aux prévisions des
économistes (consensus +0,2%).
    La résilience de l'économie française est une bonne nouvelle
pour le président Emmanuel Macron alors que les tensions
commerciales alimentées par les Etats-Unis alimentent le
ralentissement de la croissance mondiale.
    L'accélération des dépenses de consommation des ménages
(+0,3% après +0,2% au deuxième trimestre) pourrait aussi donner
des arguments supplémentaires à l'Elysée et aux autres
responsables qui incitent l'Allemagne, au bord de la récession,
à dépenser davantage pour relancer son économie.
    La future présidente de la Banque centrale européenne (BCE),
Christine Lagarde, a appelé mercredi les pays membres de l'Union
européenne qui ont des excédents budgétaires investir davantage
pour soutenir la croissance économique, en citant l'Allemagne et
les Pays-Bas.  
    Outre les 10 milliards d'euros débloqués pour les "Gilets
jaunes", qui ont surtout bénéficié aux travailleurs à faibles
revenus, le gouvernement français s'est engagé à baisser les
impôts de 10 milliards d'euros supplémentaires l'an prochain.
    Pour François Cabau, analyste chez Barclays, la première
estimation du PIB conforte une "vision prudemment optimiste" de
l'économie française.
    "Nous continuons de penser que les fondamentaux économiques
sont bien orientés et, en particulier, que la consommation des
ménages devrait être bonne", a-t-il dit, ajoutant que la baisse
du chômage pourrait permettre à la croissance de se maintenir
entre 0,3% et 0,4% au cours des prochains trimestres.
    La demande intérieure a été le principal moteur de la
croissance du PIB au troisième trimestre, à laquelle elle a
contribué à hauteur de +0,5 point, tandis que la contribution du
commerce extérieur a été négative (-0,4 point).
    Si les dépenses de consommation des ménages ont accéléré,
les dépenses d'investissement des entreprises (formation brute
de capital fixe, FBCF) ont subi un léger coup de frein,
augmentant de 0,9% contre +1,2% au trimestre précédent.
    Les tensions commerciales dans le monde se sont traduites
par un rebond des importations (+1,4 % après -0,3 %) bien
supérieur à celui des exportations (+0,3 % après -0,1 %).

 (Avec Jean-Michel Bélot
Version française Tangi Salaün)