France-L'inflation accélère sur un an en mars, tirée par l'énergie information fournie par Reuters 31/03/2026 à 12:57
(Actualisé tout du long avec détails, précisions, citations d'analystes)
L'inflation en France a accéléré en mars, montrent les données préliminaires publiées mardi par l'Insee, qui met en évidence les premiers signes de l'impact de la guerre au Moyen-Orient et de la hausse des cours du pétrole sur la dynamique des prix.
L'inflation harmonisée selon les normes européennes (IPCH), qui permet la comparaison avec les autres pays de la zone euro, augmenterait de 1,9% sur un an en mars, en ligne avec le consensus et après une hausse de 1,1% en février, en rythme annuel.
Aux normes françaises, l'indice des prix à la consommation (IPC) ressortirait à 1,7% en mars en rythme annuel, dépassant le consensus (+1,6%) et après +0,9% en février.
"Cette hausse de l’inflation s’expliquerait par le fort rebond des prix de l’énergie (+7,3% sur un an après -2,9% en février), en particulier de ceux des produits pétroliers", précise l'Insee dans un communiqué.
Tout en soulignant la menace d'un "mini-choc pétrolier", Sylvain Bersinger, économiste et fondateur du cabinet Bersingéco, considère dans une note qu'"à ce stade, le choc inflationniste devrait être nettement moindre que celui de 2022, et surtout que celui des années 70", notamment parce que l'économie française est moins dépendante de l'or noir que par le passé.
Il précise cependant que "le choc inflationniste n’a pas encore eu le temps de se diffuser sur l’ensemble de la chaîne de valeur".
Sur un mois, l'indice IPC augmenterait comme prévu de 0,9% en mars après +0,6% en février. L'IPCH progresserait à 1,1%, plus que prévu (+1,0%) et après +0,7% en février.
"Contrairement à 2022, il ne s’agit pas d’une inflation généralisée liée à une surchauffe de la demande, mais d’un choc exogène", relève dans une note Antoine Fraysse-Soulier, analyste de marché pour eToro.
"Les prix des produits manufacturés continuent de reculer, tandis que ceux de l’alimentaire ralentissent. Les services, eux, n’accélèrent que marginalement", détaille-t-il. "Autrement dit, l’inflation sous-jacente reste contenue, limitant à ce stade le risque d’un durcissement monétaire."
Antoine Fraysse-Soulier avertit par ailleurs que le signal est "plus préoccupant" du côté de la consommation, dont les dernières données traduisent une prudence accrue des ménages.
Selon les chiffres publiés mardi par l'Insee, les dépenses de consommation des ménages en biens en France se sont repliées plus que prévu en février.
(Rédigé par Coralie Lamarque et Augustin Turpin, avec Diana Mandiá)