PARIS, 25 septembre (Reuters) - Google, filiale d'Alphabet
GOOGL.O , a annoncé mercredi une prochaine modification de
l'affichage des articles et images de presse en France, afin
d'échapper à certaines dispositions de la nouvelle loi française
sur les droits d'auteur visant à rémunérer des agences et
éditeurs de presse.
Publiée fin juillet, la loi française créant "un droit
voisin au profit des agences de presse et des éditeurs de
presse" permet aux médias d'obtenir une rémunération de la part
des plates-formes internet (moteurs de recherche, réseaux
sociaux et sites en général) qui mettent en ligne leur
production.
Afin d'éviter de payer, Google n'affichera plus des extraits
de texte mais uniquement par défaut un titre et un lien URL.
"Lorsque la loi française entrera en vigueur, nous
n'afficherons plus d'aperçu du contenu en France pour les
éditeurs de presse européens, sauf si l'éditeur a fait les
démarches pour nous indiquer que c'est son souhait", peut-on
lire dans un billet publié sur le blog de Google France.
"Ce sera le cas pour les résultats des recherches (liées à
l'actualité) effectuées à partir de tous les services de
Google", qu'il s'agisse du moteur de recherche ou de Google
Actualités, par exemple, est-il précisé.
Les médias pourront ainsi choisir s'ils souhaitent ou non
que leurs contenus soient accessibles via les services de
Google, définir la taille maximale des images miniatures ou
encore le nombre maximal de caractères des aperçus des textes.
La France est le premier pays de l'Union européenne à mettre
en place un tel dispositif, alors qu'une directive européenne en
ce sens a été adoptée au printemps dernier.
Les géants du net comme Google et Facebook FB.O sont
régulièrement accusés de capter l'essentiel de la valeur des
contenus hébergés ou mis en ligne sur leurs sites, grâce à la
publicité et à la monétisation des données personnelles des
utilisateurs.
Dans son billet de blog, Google estime au contraire
contribuer à soutenir la presse, en contribuant à élargir la
visibilité de certains médias et en "orient(ant) les internautes
vers les sites d'information, qui en tirent un revenu
supplémentaire".
(Myriam Rivet, édité par Jean-Michel Bélot)